La future réforme du bac se dévoile

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Le dossier du jour

jeudi 15 février à 7h18

Durée émission : 7 min

Après plusieurs mois de négociations et la remise de deux rapports, le ministre de l'éducation nationale a présenté hier midi ses mesures pour réformer le baccalauréat.

Au programme de cette réforme, plusieurs mesures phares. Le grand oral confirmé, une portion de contrôle continu prise en compte dans la note finale et la suppression des séries S, ES et L... Ce sont là, les trois principales annonces que Jean-Michel Blanquer a confirmé ou annoncé mercredi dernier à Paris. Des aspects du nouveau bac qui n'étaient pas véritablement une surprise pour les deux premiers. L'oral en particulier, mis en avant comme la grande innovation, était même déjà critiqué.

L'apparition d'un vrai contrôle continu

Mais la véritable révolution réside en réalité dans l'entrée du contrôle continu dans la note finale du bac. Reste que derrière, tout se joue dans la nuance rectifie Jean-Marc Petit, le délégué général du Rénasup, le réseau national d'enseignement supérieur privé, référent sur le sujet pour l'Enseignement catholique.

Un "vrai" contrôle continu aurait pourtant créé une vraie révolution éducative ,défend pour sa part l'historien de l'éducation Claude Lelièvre. Et pour cause. Plusieurs ministres de l'Education nationale l'ont tenté avant Jean-Michel Blanquer sans jamais y arriver. Le dernier en date était François Fillon. Mais pour Claude Lelièvre, l'important dans cette réforme est de savoir quelle fonction le gouvernement veut donner au bac.

Les syndicats dénoncent une réforme paradoxale

Des paradoxes, du côté des syndicats d'enseignants, on en trouve plein. Descendus mercredi dans la rue, ils prennent un ton plus sévère à l'exemple du Snes-FSU qui qualifient les réformes du bac et du lycée de "complexes, désarticulées et inégalitaires". Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat pour l'Académie de Versailles, reproche en particulier à son ministre de tutelle un grand écart encart entre le discours d'écoute et de négociations et les actes. "Oui il faut une réforme du bac" explique-t-elle notamment "mais on a pas été écouté".
 

La suppression des séries

 Reste la question de la suppression des séries. Un sujet qui ne fait pas forcément polémique tellement le déséquilibre entre la filière S et les L et ES était grand. Plus de 60 % des lycéens choisissent le bac scientifique et ce, même s'ils partent après pour d'autres études. En cause: une image plus élitiste que les autres séries. Pour Jean-Marc Petit du Rénasup, restait donc en suspens la seule question de l'éventail de choix des nouvelles spécialités. La réponse est venue avec l'apparition même de nouvelles matières comme les humanités scientifiques et numériques.

Jean-Michel Blanquer a annoncé que des "doublettes" de spécialités plus riches seront proposées dans les établissements défavorisés. Tout cela ne prendra pleinement effet que pour la session du bac 2021. Mais dès la rentrée prochaine, les lycéens entrant en seconde se verront proposer un temps d'orientation plus important et un accompagnement personnalisé sur ses compétences écrites et orales en français.

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