La grande distribution lance des magasins bio

Présentée par PR-9606

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La chronique Économie

jeudi 25 octobre 2018 à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Économie

Chaque jeudi Vincent de Féligonde propose sa chronique sur l'économie.

Après Carrefour et d’autres groupes, Leclerc vient d’ouvrir son premier magasin entièrement dévolu aux produits biologiques. Il est situé à Saintes en Charente Maritime. Notre correspondante, Agnès Marroncle, décrit aujourd’hui dans La Croix ce point de vente baptisé Le Marché Bio Leclerc, avec sa devanture en bois, tout comme ses rayonnages, son décor étudié dans un esprit boutique de maraîcher, et ses fruits et légumes présentés comme sur des étales de marché. Le tout sur 400 mètres carrés, la taille d’un petit supermarché. Le groupement, numéro un français de la distribution, veut en ouvrir une quarantaine d’autres d’ici à la fin 2019, et environ 200 dans les trois ou quatre ans.

Leclerc est-il le premier des grands groupes de distribution à se positionner sur ce créneau ?

Non. Son challenger, Carrefour, a ouvert en 2013 son premier magasin spécialisé Carrefour Bio à Paris et en compte aujourd’hui une vingtaine dont une majorité dans la capitale. Il a embauché en mai dernier le patron de La Vie Claire. Par ailleurs, un premier Auchan Bio s’est installé à Lille il y a tout juste un an. Intermarché et Casino ont une autre stratégie : le groupement des Mousquetaires a pris des parts dans le réseau Comptoir de la Bio, tandis que le groupe de Saint Etienne a acquis il y a dix ans une participation dans la chaine Naturalia à travers sa filiale Monoprix.

Qu’est ce qui explique cet intérêt soudain ?

Tout simplement l’explosion du bio. Vous êtes végane, Stéphanie ? Ou bien Végétalienne ? Végétarienne ? ou bien encore « flexitarien gourmande », c’est-à-dire que vous mangez moins de viande ou de poisson, mais de meilleure qualité ? Il y a de grande chance que vous mangiez bio, à la recherche d’une alimentation saine, produite par une agriculture respectueuse de la terre et des achats responsables fuyant le suremballage, bref, « en quête de valeurs ».

Selon une étude du cabinet Nielsen présentée au Salon international de l’alimentation (Sial), qui se tient jusqu’à aujourd’hui, 16 % des consommateurs français se disent désormais adeptes du bio et/ou du local. La consommation des produits sous label AB - agriculture biologique - a progressé de 20 % entre 2016 et 2017. La grande distribution capte déjà près de la moitié de ce marché, les magasins spécialisés un gros tiers, et la vente directe du producteur au consommateur un sixième. 

Il y en a qui ne doivent pas être très heureux de cette offensive des grands distributeurs, ce sont ces magasins spécialisés…

Oui, les Biocoop, avec ses 530 points de vente, La Vie Claire (325 magasins) et autre Biomonde (200), qui sont des vrais militants du bio depuis plusieurs décennies. Face à ces capitalistes qui viennent sur son marché en cassant les prix, Biocoop a décidé de riposter en utilisant leurs armes. Il a lancé cette semaine une campagne de publicité à la télévision, vantant à coup d’images genre super 8 ses valeurs : la promotion d’une agriculture paysanne respectueuse de la terre et des hommes, la vente en vrac de produits locaux et de saison, au prix le plus juste, le tout dans une coopérative où chacun a son mot à dire : producteur, salarié, consommateur. Comme toujours, c’est finalement ce dernier, le consommateur, qui tranchera.

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Le présentateur

Vincent de Féligonde

Vincent de Féligonde est chef du service économique et social de La Croix. Il y a débuté sa carrière, puis a été correspondant des Echos en Allemagne, chef du service web, avant de revenir à La Croix pour en diriger les services international, puis économique. Sa passion : rendre intelligibles les grandes évolutions de l’économie @VdeFeligonde