La meute

Présentée par

S'abonner à l'émission

L'image de la semaine

vendredi 22 mars à 8h52

Durée émission : 3 min

L'image de la semaine

© Charly Triballeau AFP

Mardi, le patron des Jeux olympiques de Tokyo a été acculé à la démission.

IL L’A ANNONCE DEVANT DES JOURNALISTES. ET CELA DONNE UNE PHOTO ETONNANTE..

Un homme seul fait face à une cinquantaine de journalistes. Le rapport de force est imposant. Disproportionné. Le patron des jeux olympiques de Tokyode 2020 est au centre de l’image, mais il est cerné de toutes parts par des journalistes. Sur sa droite, sur sa gauche, des hommes et des femmes en costume, bloc note et stylo à la main, consignent ses déclarations. Devant lui, remplissant toute la moitié basse de l’image, une horde de caméras, d’appareils photos et d’imposants micros au bout de longues perches. On ne sait pas ce qu’il a fait, mais on a immédiatement de la sympathie pour cet homme là.
 

JE NE LE CONNAISSAIS PAS, MOI, CET HOMME. ON VOIT QU’IL EST AUSSI UN PEU PLUS AGE… CA PARTICIPE A L’EMOTION, NON ?

Oui, c’est le seul homme aux cheveux blancs de l’image. Les autres sont tous bruns, enfin non, il y a un journaliste châtain… Mais ils sont tous plus jeunes que cet homme de 71 ans, au costume élégant. Il est en posture d’humilité. Les mains noués devant lui, comme en signe de repentance. Et vous avez noté Stéphanie, où se situe le photographe ?
 

JE NE SAIS PAS… AU MILIEU DES AUTRES ?

Oui, au milieu des autres, mais en hauteur. C’est une photo prise en contre-plongée. Et c’est une des petites règles de la composition d’image. Une photo en contre-plongée, ça écrase le sujet. Le photographe prend de la hauteur et regarde la situation avec surplomb, comme un adulte regarde un enfant. On a alors forcément un petit sentiment de supériorité en regardant son image. C’est l’inverse d’une photo prise en plongée, quand le photographe met un genou à terre et tend son objectif vers le haut, comme un enfant regarde un adulte : la photo magnifie alors son sujet. En se positionnant au dessus de la mêlée, le photographe renforce ici la sensation d’acculement du patron japonais.
 

D’AUTANT PLUS QU’IL EST LITTERALEMENT DOS AU MUR !

Carrément Stéphanie. Vous avez très bien vu. Il est dressé devant un mur de lambris, du bois qui part du sol au plafond : il n’a aucun échappatoire. Des journalistes tout autour, et derrière un mur infranchissable. C’est évidemment ce qui rend cette conférence de presse particulièrement étouffante.
 

MAIS ALORS POURQUOI CE PATRON DES JO QUITTE-T-IL SES FONCTIONS ?

Sunekazu Takeda est accusé de corruptions actives, d’avoir autorisé des versements de pots de vin à des pays africains pour qu’ils votent pour le Japon – 1,8 millions pour la famille du membre sénégalais notamment. "Je regrette d’avoir causé autant d’ennuis', a a-t-il déclaré devant la presse japonaise ce 19 mars. C’est effectivement problématique… J’ai le temps d’ajouter une dernière chose, Stéphanie ?
 

OUI, FAITES DAVID.

Ce qui est intéressant dans cette photo aussi, c’est de prendre le temps de regarder chaque journaliste. Il  y a celle qui prend des notes avec un masque sur la bouche : elle doit avoir un rhume et veut protéger ses collègues de ses microbes. Il y a ceux qui filment avec des grosses caméras, ceux qui prennent des gros plans au télé-objectifs, ceux qui ont laissé leur iphone sur une table basse pour enregistrer le son, ceux qui prennent des notes au stylo… Autant de façons très différentes de faire un métier qui est aussi le nôtre – journaliste. Et que les élèves découvrent cette semaine à l’occasion de la Semaine de la presse et des médias à l’école. Des centaines d’ateliers ont lieu dans les collèges, les écoles, les lycées. D’ailleurs, je file moi recevoir des lycéens au sein de Phosphore toute la journée. 400 jeunes viennent à Bayard, chez Astrapi, J’aime lire, I love English, Okapi, ça va mettre de l’animation dans les couloirs.

Les dernières émissions

L'émission

Le vendredi à 8h52 et 15h15

Chaque vendredi dans la Matinale RCF, David Groison commente une photo de presse.

Le présentateur

David Groison

David Groison est rédacteur en chef du magazine Phosphore, édité par Bayard et destiné aux 14-19 ans. Il est également directeur des titres ados du groupe (Okapi, I love English) Il est enfin l'auteur de plusieurs ouvrages sur la photo chez Actes Sud Junior (Prises de vue, l'histoire vraie des grandes photos). Le matin, il a toujours une petite goutte de sueur au front : été comme hiver, il vient au studio à vélo. @DavidGroison