La non-violence comme horizon

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La chronique des Scouts et Guides de France

mercredi 9 janvier à 6h55

Durée émission : 3 min

La chronique des Scouts et Guides de France

Dans son édito François Mandil a été inspiré par une chanson.

Hier soir, en lisant l’actualité du jour, inconsciemment, je suis mis à chantonner une veille chanson qu’on chante encore autour du feu. "Ils ne mettaient jamais la main sur un fusil, Gandhi, Luther King ou Jésus Christ", un hymne parmi d’autres à la non-violence. Alors, j’ai repris mon diapason rouge et j’ai enchainé tout le répertoire, sans oublier Francine Cockenpot ni Graeme Allwright, ni "We shall overcome" chanté par Joan Baez et Martin Luther King et que les Scouts de France avaient traduit pour en faire "La marche de la pai".

Soyons lucides, 2019 a bien mal commencé. Des élus de la République menacés de recevoir une balle dans la tête parce qu’ils sont noirs, des gilets jaunes qui saccagent un ministère et qui boxent des policiers, des gradés qui boxent des gilets jaunes, une ministre en exercice qui exige qu’on lui fournisse la liste des gens qui ont cotisé à la cagnotte de soutien du boxeur en question, un ancien ministre qui demande que les policiers tirent sur les gilets jaunes, des manifestants qui comparent la France à la pire dictature au monde …

Il devient chaque jour plus compliqué de sortir de la crise. Tout le monde aurait-il perdu le sens commun, l’horizon collectif, celui de l’intérêt général semble bien loin. On est en droit d’attendre de l’Etat que ce soit de lui que vienne la désescalade mais hélas, on ne la voit pas venir. Bref, on a l’impression que le pays se retrouve coincé au milieu d’une violence incroyable mais avec des arguments d’une bagarre de cour d’école. Pourtant la solution, encore et toujours, se trouve du côté de la non-violence.
 
Dans un texte de 1922, Baden-Powell décrivait le scoutisme comme "l’éducation par l’amour au lieu de l’éducation par la crainte". La non-violence reste la forme la plus efficace et la plus durable de changer le monde. Qui peut prétendre aujourd’hui que Gandhi ou Luther-King n’ont pas gagné ? De même, à part certaines suffragettes anglaises au début du 20e siècle qui ont posé des bombes, les féministes mènent depuis toujours un combat non-violent. Bien que la route soit encore longue, bien que les progrès soient toujours menacés, qui peut nier que cette cause a malgré tout beaucoup avancé ?

La violence, c’est une forme d’oppression, c’est vouloir imposer un rapport de domination. Des groupes opprimés à cause de leur couleur de peau, de leur croyance, de leur sexe, ou pour des raisons sociales ou économiques, ne peuvent donc renverser la situation qu’en rejetant eux aussi l’oppression, en rejetant la violence. La non-violence est un défi à l’autorité qui use de violence, la non-violence permet de délégitimer toute autre violence. Quand un combat est juste, son évidence s’impose naturellement. S’il ne l’est pas, alors il a besoin de la violence pour s’imposer.

Il faut inlassablement redire le refus de toute violence, d’où qu’elle vienne. Le spectacle donné actuellement dans les rues et par nos élus est déplorable. "Le scout et la guide participent à la construction d'un monde de justice et de paix" dit l’article 6 de la loi des Scouts et Guides de France et comme on fait tout en chantant, on peut reprendre … "Ils ne mettaient jamais la main sur un fusil, Gandhi, Luther King ou Jésus Christ"...

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Le mercredi à 6h55 et 12h48

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Le présentateur

François Mandil

François Mandil est le délégué national Communication et Relations extérieures des Scouts et Guides de France.