La souffrance n’a aucun sens, fais-toi proche!

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L'édito du Père Antoine Guggenheim

lundi 15 avril à 7h55

Durée émission : 2 min

L'édito du Père Antoine Guggenheim

​Puisque nous venons d’entrer dans la semaine sainte des chrétiens, il nous est proposé de suivre le Christ dans sa Passion.

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Aussitôt se présente devant nous l’image de ses souffrances, et donc des souffrances du monde entier et les nôtres. Le premier enseignement de la Bible et le premier enseignement de la vie, c’est que la souffrance n’a aucun sens. La souffrance est bien plutôt, comme le dit Jean Vanier à partir de sa longue expérience à l’Arche et de sa méditation de l’Évangile, "une horrible réalité".

"Cette vie est comme l’eau qui coule dans une petite rivière, elle tourne et elle fait des contours. S’il y a obstacle, elle le contourne. La souffrance est le premier obstacle qu’elle rencontre. L’intolérable rocher de souffrance, qui apparaît à la vie comme son opposé, comme une annonce de mort. La vie contourne cette horrible réalité ; elle ne peut la supporter ; elle avance ailleurs. […] Si la vie n’est pas assez forte ou violente, si elle n’a pas été appelée par l’amour, comme c’est le cas de beaucoup de personnes qui viennent à l’Arche, alors elle se protège derrière la dépression, la folie ou les rêves. La vie ne peut plus avancer. Elle ne coule plus dans la sensibilité. C’est comme si elle se fermait et se cachait. Vu de l’extérieur, l’enfant boude. Il se coupe de la relation. Vu de l’intérieur, c’est la vie comme un trésor qui se cache, pour reprendre la route si un jour quelqu’un l’appelle." (Toute personne est une histoire sacrée) La souffrance est toujours violente, illégitime, injuste. La souffrance n’a rien de sacré, mais elle peut devenir sainte. Ceux qui sacralisent la souffrance, comme ceux qui sacralisent leurs désirs, se font aussitôt les bourreaux de leurs sœurs et de leurs frères.  Ceux qui rendent la souffrance sainte, ce sont ceux qui en assument le risque pour ne pas trahir, pour ne pas renier, pour être fidèle aux liens de l’amour, de la responsabilité, de la dignité.

Si la souffrance n’a aucun sens, comment et pourquoi pouvons-nous suivre Jésus en sa passion ? Nous suivons Jésus en sa passion quand nous acceptons de nous décentrer pour accueillir la parole du Père, entendre les besoins de nos frères, nous faire proches et les servir selon nos responsabilités à leur égard. Quand nous choisissons de nous abaisser, comme lui quand il lave les pieds de ses amis. Pourquoi se donner cette peine ? Parce que notre cœur nous le demande et qu’il n’y a pas de bonheur à désobéir à son cœur.

Parce que la proximité demande l’humilité devant la fragilité. Parce que l’essence de l’humanité, comme qualité intérieure à chacun de nous, se révèle quand nous faisons alliance les uns avec les autres, comme autant de centres d’un monde humain multipolaire. Parce que c’est par l’autre et avec l’autre que l’on se connaît et que l’on s’accomplit comme une personne, comme un être de relation, comme un membre du corps de l’humanité, un membre du corps du Christ.

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Le lundi à 7h55

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Le présentateur

Antoine Guggenheim

Le Père Antoine Guggenheim est prêtre et chercheur. Il est cofondateur et directeur scientifique de l'association UP for Humanness. Il a fondé le Pôle de recherche du Collège des Bernardins (2008-2014). UP for Humanness est un réseau international de partenaires engagés pour mettre l’humain au centre de l’innovation dans l’éducation, l’entreprise, l’engagement social et la recherche.