La spirale des réformes

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Regard politique

mercredi 28 février à 7h12

Durée émission : 3 min

Regard politique

Les grandes lignes de la réforme de la SNCF ont été présentées lundi. Le rythme des réformes ne faiblit pas, mais on ne peut en dire autant de la popularité du président.

Non seulement Emmanuel Macron ne ralentit pas le rythme de ses réformes. Mais il donne l’impression de l’accélérer. Chaque matin ou presque, l’Élysée ou Matignon ouvrent un dossier. Égrainer ici cette longue liste – de l’école à l’éthique, de la Constitution à la conscription, de la culture à l’agriculture – , sans parler de la SNCF, lasserait sans doute. Le Premier ministre Edouard Philippe a ainsi dit lundi vouloir recourir aux ordonnances pour faire adopter «avant l'été» une réforme de la SNCF prévoyant entre autres la fin du statut de cheminot pour les nouvelles recrues.

Vouloir réformer la France est légitime : l’objectif a été approuvé à la présidentielle. Emmanuel Macron a vite tiré les leçons de l’inertie qui a marqué au moins les deux premières années du quinquennat de François Hollande. Il a choisi de faire l’exact inverse, servi par les circonstances : le bénéfice de réformes engagées avant lui et la faiblesse des oppositions, minées par leurs divisions. Sa popularité est pourtant à la baisse.

Cette frénésie inquiète parfois et s’accompagne d’une baisse significative de la popularité du pouvoir (elle est désormais comparable à celle de son prédécesseur au même moment de son mandat). Mais Emmanuel Macron va de l’avant, répétant que cette question l’occupe peu. Doit-on absolument le croire ?

Une chose est sûre pourtant. Habité par le sens de sa fonction, le président de la République déploie son action autour d’un objectif central : redresser la situation économique de la France, condition préalable, à ses yeux, pour que le pays retrouve un fort pouvoir de négociation sur la scène internationale. Qui peut être contre ? Mais comment obtenir un large consensus en France qui amplifierait le succès ? En donnant beaucoup plus de temps à la pédagogie et à l’écoute. Et surtout en veillant à mieux équilibrer socialement l’effort. Ce qui a beaucoup manqué dans cette marche forcée. L’ivresse de la vitesse peut faire oublier une évidence : toutes les réserves ne sont pas nécessairement rétrogrades. On a pu le voir, par exemple, à propos des migrants.

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Le présentateur

François Ernenwein

François Ernenwein est rédacteur en chef au journal La Croix.