La Toussaint en 2020

Présentée par PR-24377

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L'édito de Blanche Streb

vendredi 30 octobre à 7h55

Durée émission : 3 min

La Toussaint en 2020

© DR

Alors que l'épidémie flambe, le reconfinement inquiète vis-à-vis de l'isolement des personnes âgées.

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Nous sommes à la veille de la fête de la Toussaint, bien particulière cette année, dans un contexte lourd, morose, anxiogène, transpercé par les attentats, le confinement et le tsunami-pandémie. 

L’époque de la Toussaint nous invite chaque année à penser à la mort. Tout le monde sait que le confinement a été une période extrêmement difficile pour beaucoup d’entre nous, en particulier pour les personnes en fin de vie et leurs proches. De nombreuses familles ont été privées des précieux derniers adieux. 

Pour un quart des personnes qui meurent chaque année en France, le dernier lieu de vie était un EPHAD, un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Ces structures ont beaucoup souffert pendant la crise sanitaire, qui a mis douloureusement en lumière d’immenses défaillances. Ces établissements sont souvent désarmés pour accompagner la fin de vie, un sujet qui reste tabou et souvent mal anticipé, principalement par manque de moyens, de personnel et parfois de formation.

Mais la crise a aussi révélé "leur capacité d’adaptation et le fort attachement des équipes aux résidents", explique le sociologue Tanguy Chatel, co-fondateur du "Cercle Vulnérabilités et Société", qui publiait hier un rapport destiné aux pouvoirs publics qui détaille 50 préconisations pour favoriser un meilleur accompagnement de la fin de vie. 

L’isolement imposé pendant le premier confinement a entraîné chez nombre de nos aînés vulnérables un "syndrome de glissement", c’est-à-dire une dégradation rapide de leur état de santé. Tout simplement parce que se sentant abandonnés, ils ne s’accrochent plus à la vie. Preuve, s’il en fallait, que nous sommes des êtres de relation. 

À l’aube d’une nouvelle vague de l’épidémie qu’on nous prédit pire que la première, les inquiétudes reviennent inévitablement. Lors de son allocution de jeudi soir, le président a précisé souhaiter "éviter que ne se nouent des drames humains tels que ceux que nous avons vécus au printemps, que des personnes seules, en fin de vie, se retrouvent totalement isolées". Il a donc assuré que les visites resteraient autorisées, dans le strict respect des règles sanitaires. 

La prise de conscience actuelle permettra, espérons-le, un réveil salutaire pour relever les immenses défis qui nous attendent. Alliance VITA, par exemple, espère conduire, dans les semaines qui viennent, une campagne de sensibilisation autour des liens entre les générations. 

Une chose est sûre, chacun chez soi ne veut pas dire chacun pour soi. La solidarité reste à portée de main. Pour cela, quel meilleur soutien que célébrer demain la communion des saints, cette solidarité qui, à travers l'espace et le temps, nous unit

 

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Le présentateur

Blanche Streb

Blanche Streb est essayiste, chroniqueuse, conférencière, auteur de "Éclats de vie" (éd. Emmanuel, 2019) et "Bébés sur mesure - Le monde des meilleurs" (éd. Artège, 2018). Elle est aussi directrice de la Formation et de la recherche d’Alliance Vita.