La vague verte aux municipales: vers une vraie transition écologique

Présentée par PR-22020

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La chronique Écologie

mardi 30 juin à 7h20

Durée émission : 3 min

La vague verte aux municipales: vers une vraie transition écologique

© DR - Johannes Hermann

Comment comprendre le succès local de EELV? À quoi correspond le choix de l'écologie aux dernières municipales? Johannes Hermann nous donne un éclairage.

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Une vague verte à pondérer par l’abstention monstrueuse, plus de 60%, mais les maires n’en sont pas moins élus. Cela risque de fragiliser leur position et leurs mesures. Mais peu importe, voilà des villes de tailles et de contextes assez divers, qui font le choix de l’écologie. C’est très loin d’être seulement le vote de deux ou trois métropoles : on a aussi Poitiers, Annecy, Besançon. Sans présumer de la solidité de tous ces programmes locaux, c’est un choix cohérent au regard des alarmes lancées par les scientifiques, où les canicules successives ont sans doute joué aussi. À Lyon, que je connais bien, on a clairement une attente en matière de végétalisation et de lutte contre les îlots de chaleur, parce que la ville devient difficile à vivre.

L’écart entre ces succès locaux et les scores nationaux d’EELV peut s’expliquer en effet parce que la commune ou la communauté de communes apparaissent comme une échelle intéressante pour une écologie concrète, où le citoyen comprend ce qui se fait, a la possibilité de s’impliquer, ça concerne son cadre de vie immédiat, et peut voir les résultats. C’est ce qui rend ce niveau politique intéressant. Si on pense principe de subsidiarité, traitement des problèmes au plus bas niveau hiérarchique efficace, l’échelon communal ou intercommunal est pertinent sur beaucoup de choses : transport, place du végétal, trame verte, soutien à l’agriculture en circuit court... Donc ces élections peuvent déboucher sur des expériences intéressantes que personne d’autre n’osait tenter et qui sont pourtant indispensables pour répondre à la crise écologique globale, majeure. Il faut commencer par là et j’espère aussi que ces municipalités se rappelleront qu’il faudra impliquer les citoyens en continu. Elles ont une responsabilité énorme.

Mais les pistes cyclables à Paris ne vont pas sauver le climat à elles seules. L’échelle municipale a clairement ses limites. Si par exemple on veut sortir du paradigme de métropolisation, avec une poignée de villes géantes qui absorbent les forces vives, engendrent pollution, étalement urbain, infrastructures géantes, si on veut un aménagement du territoire plus équilibré avec des impacts plus doux, ou une agriculture qui fait sa mue écologique sur tout le pays, c’est la prérogative de l’État. Mais il faut bien commencer par un bout. Donc, les communes, et les citoyens. Étiquette EELV ou pas, cette transition doit se faire ; donc maintenant, à nous tous de jouer !

 

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Le présentateur

Johannes Herrmann

ornithologue, auteur avec Mahaut Hermann de La Vie Oubliée Crise d’extinction Agir avant que tout s’effondre Edition Première partie Membre de la rédaction de la revue Limite http://revuelimite.fr/ sur Twitter : @Taigasangare