La vie tout contre la mort !

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L'édito de Sr Véronique Margron

mardi 21 janvier à 7h55

Durée émission : 3 min

La vie tout contre la mort !

Les victimes d'abus sexuels et spirituels doivent choisir la vie pour se frayer une voie après la brisure


Une amie chère me raconte : il y a quelques mois elle retrouvait ses enfants et petits-enfants là où elle et son conjoint s’étaient rencontrés. Ils sont passés de 2 à 25 ! Beau conte me direz-vous, d’autant plus que tout ce petit monde est heureux de se retrouver.
 
Eh bien non, ce n’est pas un conte, de fée moins encore. Car cette amie a été abusée spirituellement et agressée sexuellement pendant plusieurs années par le prêtre ami de la famille, alors qu’elle était une toute jeune enfant. Ainsi, alors que ce traumatisme vrillait de l’intérieur, que ni ses parents ni l’Église ne l’écoutèrent, de la vie a soulevé la pierre.

Le trauma subi va pourtant continuer de faire violence tout au-dedans et de ronger. Mais sans gagner. La vigilance que parents et Église n’ont pas exercée, elle la mettra en œuvre avec une acuité singulière. La parole alors interdite, elle la fait exister avec d’autres aujourd’hui. La foi bafouée et trahie par cet homme qu’on disait de Dieu, elle lui donne chair dans son combat pour la vérité et sa quête incessante du Christ humble de cœur. Toute cette vie pleine n’efface rien. Surtout pas l’abîme qui affleure tant de fois, entrant par effraction n’importe quand, plus de 40 ans plus tard, pourtant. Le combat demeure.
 
Cette vie ouverte, généreuse, chercheuse, du creux de sa brisure même, est la meilleure réponse à ce que nous avons entendu de Bernard Preynat. L’ampleur inimaginable du mal qu’il a fait, le nombre de ses victimes, sa duplicité et ses calculs ; la douloureuse réalité de la responsabilité d’une Église qui a fermé ses yeux et bouché ses oreilles, qui n’a pas voulu comprendre que le crime relève de la justice et non d’un pardon à bon marché, tout cela est misérable à côté de la vie cabossée et magnifique des victimes qui s’est frayée un chemin du côté des vivants et pour eux, comme elle a pu, parfois sans y parvenir. Un chemin sans carte ni GPS.
 
Bernard Preynat et tous les autres sont ramenés à ce qu’ils sont : des délinquants sexuels usurpateurs du nom de Dieu qu’ils ont piétiné pour parvenir à leurs méfaits. Des prédateurs pour lesquels la justice doit passer.
 

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Le mardi à 7h55

Tous les mardis dans la Matinale RCF, l'édito de Sr Véronique Margron.

Le présentateur

Sr. Véronique Margron

Religieuse dominicaine, présidente de la CORREF (Conférence des religieux et religieuses de France) https://www.viereligieuse.fr sur Twitter : @veroniqueop