Le Covid-19 bouleverse l’économie mondiale

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La chronique Économie

jeudi 12 mars à 7h20

Durée émission : 3 min

Le Covid-19 bouleverse l’économie mondiale

© RCF

À la différence des précédentes crises boursières, celle que nous vivons actuellement est provoquée par l'économie réelle, et non par la spéculation.

Nous venons de passer une semaine éprouvante – on pourrait même dire d’épouvante -, au cours de laquelle les marchés financiers et pétrolier ont connu des brusques accès de fièvre. Avec des chutes des Bourses allant jusqu’à 8% lundi, du jamais vu depuis la crise de 2008. Et un recul du prix du pétrole allant jusqu’à 30%, du jamais vu depuis 1991…

Tout le monde n’a pas d’argent en bourse. Et la baisse du prix du pétrole, c’est un prix de l’essence moins cher…

Même si des pare-feu ont été érigés depuis la crise de 2008, où on a frôlé la catastrophe, on n’est pas totalement à l’abri de faillites en cascade. Tout dépendra de l’action des banques centrales et des Etats. Et de leur coordination, qui est faible jusqu’ici.

Le problème est qu’on est dans cas de figure jamais vu. Dans ce que les économistes appellent l'«incertitude radicale». Nous n'avons jamais vécu d'épisode comme celui-ci, avec une crise sanitaire mondiale conduisant à confiner des zones entières. Cela produit une situation dont il est très difficile d'anticiper les effets car il n'y a pas de précédent connu auquel se référer.

Les graves crises que nous avons connues, comme le jeudi noir de Wall Street en 1929 ou la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008 ont pour origine des excès spéculatifs sur les marchés. La chute des bourses, puis des banques, n’ont contaminé l’économie réelle – celle dans laquelle on vit : la banque, le café du coin et le supermarché du quartier – que dans un deuxième temps. Plus gravement en 1929 qu’en 2008, car on avait appris de l’expérience. En 2008 et les années suivante, les Etats, et plus encore les banques centrales, ont injecté des masses énormes d’argent dans le circuit économique pour éviter le gel complet de l’économie.

Le choc a touché en premier l’économie réelle. Et l’un de ses cœurs : la Chine, deuxième puissance économique mondiale, premier exportateur – et donc l’un des principaux moteurs du monde - qui a été à l’arrêt durant plus d’un mois. L’ennui est que cette même Chine est au centre de chaines de valeur dans certains domaines comme les médicaments, dont elle produit plus de la moitié des principes actifs, ou des pièces comme les pédales de frein. Difficile de vendre une voiture sans pédale de frein…

Plus grave, on voit que l’épidémie est désormais une pandémie. L’OMS l’a déclaré hier soir. Peu à peu, l’ensemble des activités peuvent être gelées.

Agir. Vite et fort. On a vu que les banques centrales ont commencé à baisser les taux d’intérêts pour soutenir l’activité. On va voir ce que va faire la Banque centrale européenne aujourd’hui. Du côté des Etats, on a vu qu’ils débloquent les uns à près les autres des dizaines de milliards d’euros, de livres et sans doute de dollars pour éviter que les secteurs en difficultés ne fassent faillite. En espérant que les difficultés ne seront que transitoires.

Le coronavirus a commencé à régresser en Chine. Il nous faut donc tout faire pour que nous soyons touchés le moins possible et attendre que ça passe, afin que l’activité rebondisse…
 

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Avec Vincent de Féligonde, l'actualité économique expliquée chaque jeudi.

Le présentateur

Vincent de Féligonde

Vincent de Féligonde est chef du service économique et social de La Croix. Il y a débuté sa carrière, puis a été correspondant des Echos en Allemagne, chef du service web, avant de revenir à La Croix pour en diriger les services international, puis économique. Sa passion : rendre intelligibles les grandes évolutions de l’économie @VdeFeligonde