Le déconfinement, comme une sortie de conclave

Parole aux Églises

mercredi 6 mai à 6h52

Durée émission : 3 min

Parole aux Églises

© CIRIC - Mgr Philippe Ballot, archevêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise

Alors que depuis le 17 mars nous sommes tous entrés en confinement, Mgr Philippe Ballot y voit une sorte de conclave qui nous permet de poser des décisions pour l'avenir

Nous bougions beaucoup, nous ne cessions d'aller et venir, nous étions souvent stressés, nous nous arrêtions dans d'immenses bouchons : le matin pour aller au travail, le soir quand on revenait, et même le samedi lorsque nous allions faire nos courses pour toute la semaine. Et aux vacances encore des bouchons pendant des heures dans nos belles montagnes de Savoie. Je pourrais poursuivre, en dire et en dire.

Et voilà qu'un 17 mars, en quelques heures, nous nous sommes tous arrêtés, sauf quelques-uns, nous les connaissons, soignants, agriculteurs et d’autres… Nous sommes entrés non pas en conclave mais en confinement. Mais peut-être une sorte de conclave quand-même car il nous a été possible de réfléchir et de nous préparer à des choix, des décisions pour l’avenir.

Ca n'a pas été simple. Nous avions la maladie de la bougeotte comme disait ma grand-mère. Et alors, le jeûne de contacts, de déplacements, de célébrations et de rassemblements, inattendu en ce temps de Carême, a presque été compensé par une boulimie numérique. Nous avons résisté à ce jeûne qui nous était imposé ou plutôt offert. On n’arrêtait pas de se filmer et quelquefois on aurait voulu voir son curé ou même l’évêque tous les jours. La tentation était bien là. Un risque de dépendance, une addiction. Nous nous sommes ressaisis ! Ce numérique a permis de rejoindre d’abord ceux qui étaient seuls, isolés, affaiblis, en même temps que nous découvrions ceux qui vivaient à côté de nous, nos voisins, géographiques. Des liens se sont tissés.

Demain nous allons recommencer à bouger, à sortir, prudemment, lentement, en gardant des distances. Car le numérique ne peut pas tout, il a même creusé en nous le désir de la proximité physique. Une sorte d'équilibre a vu le jour. Nous travaillerons peut-être davantage à la maison, peut-être avec des horaires aménagés, décalés, favorisant le temps en famille : être avec les enfants tranquillement quand ils partent à l'école, être là le soir quand ils reviennent, prendre le temps d'aller à pied ou en vélo à la messe le dimanche, s'asseoir dans nos églises, être là, écouter la Parole de Dieu, échanger... Des chaises sont là, disponibles, non pas pour ceux qu’elles connaissent déjà, mais surtout pour tous les autres qu’elles désirent découvrir.

 

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