Le Pacte Mondial sur les Migrations : halte aux rumeurs !

Présentée par PR-10663

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La chronique Europe

vendredi 14 décembre 2018 à 7h20

Durée émission : 3 min

Anne Macey revient dans sa chronique sur l'accord de Marrakech sur les migrations.

Plus de 150 pays ont approuvé le Pacte Mondial sur les Migrations lundi 10 décembre à Marrakech. De quoi s’agit-il ?

Un pays ne peut pas faire face tout seul aux migrations. Il faut prendre le problème à la racine. Elles doivent être maîtrisées par les États dans le cadre d’une coopération internationale entre pays d’origine, de transit et de destination. C’est par la coopération que nous parviendrons à être plus efficaces face aux migrations illégales, et à démanteler les réseaux de passeurs et de criminels.  

Le Pacte Mondial sur les Migrations élaboré dans le cadre de l’ONU permet l’échange d’informations et recense les bonnes pratiques dont les Etats peuvent éventuellement s’inspirer pour une coopération plus efficace. Il a été approuvé par 162 Etats dont la France via le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne, même si 9 pays se sont retirés, dont 5 d’Europe centrale (Autriche, Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie,…). Mais ce texte fait l’objet de fausses rumeurs.

Justement…les Etats demeurent-ils libres de déterminer eux-mêmes leur politique migratoire, de combattre les migrations illégales ?

Bien évidemment que les Etats sont libres : le texte réaffirme comme d’habitude la souveraineté nationale de chaque Etat, libre de déterminer sa politique migratoire comme il l’entend. Ceux qui disent que le Pacte impose d’accepter les migrations mentent. C’est faux ! Le Pacte distingue clairement entre les réfugiés et les migrants économiques. Il n’y a que les réfugiés qu’il est de notre devoir d’accueillir parce qu’ils fuient les persécutions. Il n’appartient pas au droit international de nous dire quelles sont les migrations légales ou illégales !  

Pourrait-il être invoqué par des juges et si oui, … que se passerait-il alors ?

Le Pacte ne crée aucun droit supplémentaire pour les migrants. Il ne crée aucune obligation juridique, c’est-à-dire qu’il n’impose rien contre notre gré. Un juge pourrait-il s’y référer ? … Mais qui donc pourrait bien avoir peur du juge ? Des réseaux criminels qui pratiquent la traite des personnes, femmes et enfants, ou l’esclavage ? Des extrémistes qui rêvent un jour de parquer comme des bêtes ou de rejeter à la mer des migrants, femmes et enfants, et tant pis s’ils se noient ? … J’espère bien que nous ne tolérerons plus jamais cela dans notre pays ni en Europe ni en Afrique ou ailleurs dans le monde !

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Le présentateur

Edouard Simon

Edouard Simon est directeur du bureau de Bruxelles du think-tank Confrontations Europe