"Le passé" d'Ashgar Farhadi et le prix du jury oecuménique

Présentée par PR-21260

S'abonner à l'émission

La chronique Cinéma

mercredi 27 mai à 8h52

Durée émission : 3 min

"Le passé" d'Ashgar Farhadi et le prix du jury oecuménique

© Allociné

Ce samedi aurait dû être remis la palme d'or du festival de Cannes 2021, mais aussi le prix du Jury Oecuménique qui est remis chaque année, l'occasion de revenir sur ce prix.

Depuis 1974 un jury international composé de six membres, tous issus de l’une des Eglises chrétiennes, remet son prix à un film de la Compétition officielle, pour ses qualités artistiques et humaines. Ce jury récompense un film dont l’esthétique et le message sont porteurs de valeurs en lien avec l’Evangile. Alors lesquelles ? Des valeurs de justice, de paix, de réconciliation ou même de respect de l’environnement. On le voit, le champ est vaste, et le palmarès de ce jury rejoint souvent celui de la Compétition. Et je me suis amusée à croiser les deux : depuis 1974, sur 48 films primés par le Jury œcuménique, 35 ont reçu au moins un autre prix officiel du Festival et 11 ont reçu la Palme d’Or ou le Grand Prix : avec des films évidents comme Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois en 2010, ou L’Eternité et un jour de Theo Angelopoulos, mais aussi des films plus sociaux comme L’Arbre aux Sabots d’Ermanno Olmi ou plus politiques comme L’Homme de Fer de Wajda.

Et parmi les films récompensés à Cannes par les deux jurys, le film Le passé d'Asghar Farhadi est diffusé ce soir sur Arte. Le passé c'est celui d'un couple et le film, l'histoire d'un divorce. En tous cas c’est le point de départ du film. Ashgar Farhadi en avait déjà fait la trame principale de son film précédent Une Séparation qui se déroulait à Téhéran. Ici l’histoire se passe entre Paris et la banlieue, dans un petit pavillon au bout d’une impasse, un peu à l’image des personnages du film. Marie est française (elle est jouée par Bérénice Bejo), elle a une fille adolescente d’un mariage précédent et voudrait reconstruire sa vie avec Samir, père d’un petit garçon. Et pour ça, elle demande à Ahmad son mari, reparti en Iran il y a quatre ans, de venir en France officialiser leur divorce. Il s'agit de révéler tout un tas d’incompréhensions, de culpabilité, de souffrances cachées, qu’Ahmad va petit à petit contribuer à dévoiler, par la parole et par sa présence apaisante.

Une famille recomposée, dont on découvre progressivement les secrets, à la manière d’un thriller psychologique à suspense, dont le réalisateur maitrise tous les codes. Mais Farhadi est avant tout un très fin observateur des relations familiales, et loin de juger ses personnages, il nous invite au contraire à comprendre la complexité de l’âme humaine et à nous approcher au plus près d’une vérité insaisissable.
 

Les dernières émissions

L'émission

Le mercredi à 8h52

Le mercredi c'est le jour où sortent les nouveaux films au cinéma. C'est aussi le jour où écouter la chronique Cinéma de Valérie de Marnhac !

Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr