"Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles" (Lc 1, 39-56)

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Prière du matin

jeudi 15 août à 5h45

Durée émission : 5 min

"Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles" (Lc 1, 39-56)

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"Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles"

Méditation de l'évangile (Lc 1, 39-56) par le père Bernad Devert

Chant final: Le Cantique de Marie - NT1 "Tous les âges me diront" par la Communauté du CHEMIN NEUF

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
    et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
    D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
    Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
    Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
    Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
    de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

    Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

Source :AELF
 

Méditation Père Bernard Devert

Difficile de dire Magnificat alors que tant d’hommes sont menacés, vilipendés et bafoués jusqu’à devoir quitter leur terre devenue inhospitalière. 
Quitter, c’est pour les uns entrer dans une ère nouvelle et espérante alors que pour d’autres, c’est affronter des traversées à haut risque quand elles ne sont pas mortifères. Le Pape François s’insurge sur le fait que la Méditerranée devienne un vaste cimetière de par la globalisation de l’indifférence (cf. l’encyclique Laudato si). 
Le devoir d’assistance à personne en danger est oublié. Les organismes caritatifs en rappellent l’urgence et les institutions internationales, telle l’ONU, soulignent la nécessité de quotas. Si notre humanité est blessée, elle est aussi gravement blessante. L’évêque anglican de Douvres écrivait fort justement « les migrants ne sont pas d’abord un problème mais des êtres humains ».
Des frères sont délogés de leur monde, souvent brutalement, sans parvenir à trouver une nouvelle place. Je pense à ces jeunes mineurs non accompagnés, venus rechercher sur notre sol une hospitalité, une formation.
Quelle ne fut pas ma joie de voir un certain nombre de ces jeunes participant à l’une des célébrations dominicales qui, au cours de ces présentes vacances, se mettent à disposition de personnes âgées pour leur apporter sourire, attention, disponibilité. 
Hier, en exil, aujourd’hui, ils sont sur un chemin d’exode, éprouvant une liberté qu’ils vivent comme un don avec la nécessité d’un partage auprès de personnes que le grand-âge enferme. 
Les frontières tombent. Ils ne sont pas des réfugiés ; ils existent pour eux-mêmes et dans cette reconnaissance, ils font exister. Sois sans crainte, dit l’ange à Marie. .
La crainte n’est pas appelée à être occultée ou niée, mais traversée par un oui plénier à l’existence, en refusant les désordres établis pour susciter un nouvel ordonnancement des richesses, accompagné de sécurités hiérarchisées à l’attention de ceux qui ont tout perdu pour avoir dû fuir leurs enfers. 
« Il renverse les puissants », observant que les idées de puissance progressivement apparaissent décalées, telle la croissance comme finalité. 
Cette prise de conscience ne participe-t-elle pas à la prière du Magnificat, sois sans crainte, un autrement se dessine.
« Il renvoie les riches les mains vides », non point rejetés mais pour leur permettre d’expérimenter que quand rien ne manque, tout manque. Vivre c’est vibrer non dans la recherche d’addictions à  l’argent, au plaisir ou au pouvoir, mais à partir de ces rencontres qui souvent nous changent jusqu’à nous faire exister autrement. Magnificat !
Souvenons-nous de Dante dans le Paradis : ô Toi qui ennoblis la vie de telle manière que Celui qui était son créateur a voulu se faire sa créature. Tout est bouleversé, renversé ; alors s’ouvre un autre chemin nous éloignant des inessentiels ; l’humanité s’ouvre. 
Que ce Magnificat partagé soit porté par l’acuité et l’actualité de cette prière.
 

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