​Le retour prévisible de l’âge pivot

Présentée par PR-17891

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Regard politique

mercredi 15 janvier à 7h20

Durée émission : 3 min

Regard politique

Le retour de l'âge pivot est-il irrémédiable ?

Sorti par une fenêtre samedi (dans la lettre d’Edouard Philippe aux partenaires sociaux) le fameux âge pivot  (pour tous dès 2022) reviendra sans doute par la grande porte sous une forme différente et un autre calendrier à l’issue de la conférence sur le financement des retraites organisée jusqu’à fin avril. Ce n’est pas « la fin de l’histoire » a déjà expliqué Laurent Berger, lundi sur RTL.

Certes, rien dans ce qui est dit aujourd’hui par les syndicats qui entreront dans cette  négociation pour trouver une solution à la question du financement des retraites jusqu’en 2027 n’annonce clairement un retour de cet âge pivot. « Il va falloir continuer à peser » explique le même Laurent Berger pour trouver des sources de financement alternatives.

Laurent Lescure, pour l’Unsa, propose des pistes comme utiliser une partie du fonds de réserve de 30 milliards d’euros. Mais elles ne peuvent sans doute pas régler toute une question à 46 milliards même si elle est étalée sur plusieurs années. Bref, même si ceux qui croient à cette voie mettent beaucoup de bonne volonté dans les discussions, il sera difficile de trouver une solution durable à marche forcée.

Il est  par ailleurs acquis dans le projet du gouvernement que le futur régime universel comportera un âge d’équilibre, non négociable, adapté au profil des carrières et ajusté en fonction de l’évolution de l’espérance de vie.

D’où viennent alors les doutes ?

C’est en se penchant sur les instruments disponibles pour atteindre l’objectif d’équilibre des comptes qu’un doute s’installe. Dans sa lettre, Edouard Philippe, exclut le recours  la baisse des pensions et la hausse des cotisations. Ce qui laisse une voie étroite à la discussion. Ces difficultés objectives  pourraient alors conduire à une reprise du dossier par le gouvernement et le recours aux ordonnances,  comme ce fut le cas pour la réforme de l’assurance chômage.

A quoi doit-on alors s’attendre  ?

Seules certitudes à ce stade, Stéphanie : Edouard Philippe est un militant actif de l’âge pivot qui lui semble être la seule vraie solution à l’horizon 2027 (il l’a redit dimanche soir sur France 2).

Il a changé de position pour tenter de sortir de la crise mais n’a pas amendé ses convictions. Il garde cette option en réserve sans la brandir : le premier ministre a déjà indiqué qu’en absence de solution, il prendrait « ses responsabilités ».

Et les organisations patronales - pour éviter toute hausse des cotisations – militent activement, elles aussi,  pour des mesures d’âge. Même si elles ne sont pas proactives sur le défi de l’emploi des seniors.

Dans un tel contexte, l’âge d’équilibre écarté provisoirement du débat risque fort de revenir un peu plus tard, comme l’évidence qui s’impose.
 
 

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La vie politique sous le regard de François Ernenwein.

Le présentateur

François Ernenwein

François Ernenwein est rédacteur en chef au quotidien La Croix.