Le Revenu Universel d'Activité, une chance pour les jeunes ?

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La chronique des Scouts et Guides de France

mercredi 5 juin à 6h55

Durée émission : 3 min

Que penser de cette fusion des minima sociaux et des allocations logements dans un seul revenu ?

Le gouvernement lançait lundi dernier la consultation pour le RUA, le "revenu universel d’activités".

Et ce n’est pas une mince affaire. Contrairement à ce que pourrait laisser croire le nom, il n’y a rien d’universel. Il s’agit de la fusion des minima sociaux et des allocations logements dans un seul revenu, donc seules les personnes en fragilité économiques sont concernées. Rien à voir avec le débat sur un revenu de base. A terme donc, RSA, APL, prime d’activités, tout cela sera fusionné dans ce RUA, revenu universel d’activités. L’objectif est de simplifier et de rendre plus lisible, de faciliter l’accès aux droits puisqu’on sait qu’environ 1/3 des bénéficiaires potentiels du RSA renoncent à leurs droits face à la complexité des démarches.

L’un des enjeux est également l’ouverture de ce RUA aux jeunes. Vous savez sans doute qu’on ne peut pas actuellement avoir droit au RSA avant 25 ans, or un jeune sur quatre en France vit sous le seuil de pauvreté. Le sujet est vaste et sensible donc, et la consultation avec les partenaires sociaux (dont les associations de jeunesse et d’éducation populaire) doit s’achever à la fin de l’année. Lundi, neuf grandes organisations, dont le Secours catholique, les Petits frères des pauvres, la Fondation Abbé Pierre, ATD Quart Monde, etc, ont fait part de leurs inquiétudes dans un tribune publiée dans le quotidien Le Monde, en insistant notamment sur l’importance d’un revenu minimum garanti, sur l’accompagnement des personnes, notamment vers la formation et l’accès à un travail décent. Plusieurs risques ont été pointés du doigt, comme celui de rendre le bénévolat obligatoire pour avoir accès aux minima sociaux, ou comme la diminution des revenus sociaux pour les allocataires. Toutes ces questions devront être traitées lors de la phase de consultation mais je voudrais surtout évoquer la question de la jeunesse.
 

DES JEUNES QUI AUJOURD’HUI SONT EXCLUS DES MINIMAS SOCIAUX

Lundi, Gabriel Attal, le secrétaire d’Etat à la jeunesse, a plusieurs fois rappelé la grande précarité d’une partie importante des jeunes. La question de la place des jeunes de 18 à 24 ans dans l’accès aux minimas sociaux semble bien engagée. Inclure cette tranche d’âge représenterait une vraie avancée, un investissement social positif.
 
Le RUA peut devenir un outil stabilisateur pour les parcours d’insertion des jeunes, pour sécuriser les parcours de l’ensemble des jeunes de moins de 25 ans. Quelle que soit la situation, on sait que l’accompagnement humain est indispensable à l’efficacité du soutien financier. Que deviendra l’accompagnement social des étudiants boursiers par les CROUS par exemple dans le cadre de cette réforme ? Que deviendra le soutien à l’accès au logement si les APL, qui ne sont pas des minima sociaux et qui sont accessibles à tous, disparaissent au sein d’un nouveau revenu unique ?
 
Gabriel Attal a redit que les jeunes concernés seront associés à la concertation qui s’ouvre. C’est une bonne nouvelle. Leur présence est indispensable pour que les objectifs d’efficacité, de simplification, de meilleur accès aux droits ne se fassent pas au dépend d’une meilleure protection de tous les jeunes.

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Le mercredi à 6h55 et 12h48

Quelle place dans la jeunesse dans notre société ? on en parle chaque mercredi avec la présidente d’une des plus grandes associations de jeunesse : Les Scouts et Guides de France

Le présentateur

François Mandil

François Mandil est le délégué national Communication et Relations extérieures des Scouts et Guides de France.