Le tribunal ecclésiastique a renvoyé Bernard Preynat de l’état clérical

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Le dossier du jour

vendredi 5 juillet à 7h12

Durée émission : 7 min

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© JEFF PACHOUD / AFP François Devaux, membre de l'association de victimes du père Preynat, "La Parole Libéré"

Le tribunal ecclésiastique de Lyon a rendu son verdict jeudi 5 juillet. Bernard Preynat est renvoyé de l'état clérical.

Ce prêtre, accusé d’avoir commis des agressions sexuelles sur des dizaines de scouts dans les années 80-90, a désormais un mois pour faire appel de cette décision.

C’est la peine la plus lourde que la justice de l’Eglise puisse prononcer. Bernard Preynat, accusé d’avoir agressé sexuellement quelques 70 jeunes scouts dans les années 80-90 a été reconnu coupable “d’avoir posé des actes délictuels à caractère sexuel sur des mineurs de moins de 16 ans”. Par conséquent les juges ont décidé de lui appliquer la peine maximale prévue par le droit canon, le renvoi de l’état clérical. Bernard Preynat n’est donc plus prêtre, il est “reconduit à l’état laïc”. Cela signifie qu’il est totalement empêché d’exercer tout ministère, quel qu’il soit et ce de manière définitive. 

Le tribunal justifie sa décision “au regard des faits et de leur récurrence, du grand nombre de victimes, du fait que l’abbé Bernard Preynat a abusé de l’autorité que lui conférait sa position au sein du groupe scout qu’il avait fondé et qu’il dirigeait depuis sa création, assumant la double responsabilité de chef et d’aumônier”. Mgr Emmanuel Gobilliard l’évêque auxiliaire de Lyon. 

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La procédure s'est déroulée en trois temps. D’abord, le procès administratif pour que la prescription soit levée. C’est une particularité du droit de l’Eglise catholique. Il y a possibilité de lever la prescription lorsqu’il s’agit d’atteintes sur des mineurs et que les faits sont récurrents. Rome a donc accordé la levée de la prescription. Dans un deuxième temps il y a eu le procès canonique pénal dont le jugement a été rendu hier et au cours duquel une trentaine de victimes et Bernard Preynat ont été entendus. Il fallait que la culpabilité du prêtre soit établie pour que la question des réparations puissent être étudiée. Une vingtaine de personnes ont pour l’instant demandé réparation. Ce sera donc la troisième étape comme l’explique le père Bruno Gonçalves, président du tribunal ecclésiastique.

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Mais la question de la réparation financière des victimes semble avoir pesé dans le calendrier de cette décision. Initialement le diocèse avait suspendu le procès canonique pour éviter toute interférence avec la justice civile. Le procès canonique n’était donc pas censé se tenir avant le procès civil. La procédure judiciaire s’est finalement ouverte en août 2018, il y a 10 mois après la levée de la prescription par Rome. Une volonté visiblement de déterminer le degré de culpabilité de l'aumônier scout pour ouvrir la voie à l’indemnisation des victimes. Mais comment les victimes accueillent elles cette décision d’indemnisation ? Réponse de François Devaux, l’un des fondateurs de la Parole Libérée, l’association de victime de Bernard Preynat.

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Bernard Preynat est donc renvoyé de l’état clérical. Reconduit à l’état laïc, Bernard Preynat a un mois pour faire appel devant le Tribunal de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Passé ce délai, la peine deviendra exécutoire. Une chose est sûre, l’Eglise continuera de subvenir aux besoins de cet homme aujourd’hui âgé de 75 ans. 

Pour le président du tribunal ecclésiastique, Bernard Preynat  va “devoir vaquer à d’autres occupations sachant qu’il y a évidemment un devoir d’humanité à son endroit, au nom du respect que l’on doit à tout être humain, pour éviter qu’il ne se retrouve dans une situation d’indigence". En attendant, ce procès est inédit à plusieurs titres selon le Père Bruno Gonçalves.

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Quant au procès de Bernard Preynat, devant la justice civile il pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année.

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