Le Vendée Globe, l'humain au cœur de la course

Présentée par PR-25446

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Le dossier du jour

vendredi 4 décembre 2020 à 7h13

Durée émission : 7 min

Le Vendée Globe, l'humain au cœur de la course

© DR

Après 26 jours de navigation, les skippers du Vendée Globe font face à d'importantes difficultés, qui mettent en lumière l'importante solidarité dans le milieu de la voile.

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Dans la nuit de lundi à mardi, le skipper Jean Le Cam a secouru son concurrent Kevin Escoffier, dont le bateau s'était cassé en deux à cause d'une vague. Après 11 heures d'attente sur un radeau, le navigateur a pu rejoindre le bateau de celui qu'on surnomme le "Roi Jean". Un sauvetage synonyme de survie. "Vous voyez les films sur les naufrages ? C'était pareil en pire", a raconté Kevin Escoffier par la suite dans une vidéo.

Les deux hommes préfèrent en rire, comme s'il s'agissait d'un simple service rendu. Une solidarité, qui a pris tout son sens une phrase, de Jean Le Cam à Kévin Escoffier : "Ta vie était plus importante que notre Vendée Globe". Cette capacité à dépasser la concurrence, certains appellent ça "l’esprit marin". "Sur l'océan, on est rien. Quand ce genre d'accident arrive, la course n'existe plus. Il y a juste de la solidarité des marins et on va repêcher le copain car le copain c'est juste un autre soi-même", explique Éric Bellion, navigateur qui avait participé à la course en 2016. 

Alors y a-t-il une particularité qui ferait de la voile un sport où l’entraide est plus forte que la concurrence ? "Le caractère profondément individuel fait que les moments de collectifs sont peut-être des vrais moments de collectif et d'entraide, plus spontanés contrairement au foot ou au rugby où il y a une injonction à faire du 'nous'", affirme le sociologue du sport Karim Souanef. 

Prendre le large pour de bonnes causes 

Certains navigateurs profitent aussi de la course pour donner de la visibilité à des causes. Les navigateurs partent avec des sponsors donc il y a bien sûr une logique économique derrière tout cela. Mais pas uniquement. Pour son deuxième Vendée Globe, Fabrice Amédéo est parti avec un objectif, en plus de terminer la course : apporter à la communauté scientifique de nouveaux relevés sur l'état des océans. Une démarche qui a encore plus de sens que la victoire selon lui : "Un marin ne peut plus courir sur les océans sans essayer de changer les choses. J'ai absolument aucun état d'âme à me dire que je vais un tout petit peu perdre en performance".

Une course qui se démocratise 

La voile reste un sport de niche. Mais la course du Vendée Globe essaye de se démocratiser en dévoilant les coulisses par exemple. Les navigateurs se montrent et racontent leur course grâce aux caméras et aux micros. C’est une bonne chose selon Armel Le Cléac'h, navigateur qui détient le record de rapidité sur cette course. "La popularité de cette course grandit et il faut faire vivre cette course avec le témoignage des marins, grâce aux photos et aux sons. On n'est plus dans l'époque où les marins partaient et seulement à l'arrivée racontaient leur course", assure-t-il.

Un jeu peut permettre de comprendre cet engouement pour le Vendée Globe : Virtual Regatta. Il permet de prendre part à la course virtuellement. Chaque joueur a un bateau et est confronté aux mêmes conditions que les marins dans la vraie vie. Le jeu a déjà réuni plus de 850 000 joueurs.
 

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