Législatives espagnoles: "il est très difficile de pouvoir prévoir comment cela peut se passer" explique Barbara Loyer

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lundi 18 février à 6h41

Durée émission : 4 min

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© PIERRE-PHILIPPE MARCOU AFP

​En Espagne, le Premier ministre socialiste a tiré les conséquences de son impossibilité à faire adopter son projet de budget par le Parlement.

A la tête d’une coalition gouvernementale minoritaire depuis qu’il a succédé à Mariano Rajoy, renversé par une motion de censure, Pedro Sanchez a annoncé des élections législatives anticipées pour le 28 avril prochain.
 

Qu’est-ce-qui explique après huit mois de pouvoir, l’échec de Pedro Sanchez et de sa coalition ?

"C’est le refus des indépendantistes catalans de voter son budget, car il n’a pas accepté l’ensemble de leurs conditions. Certains de ces conditions étant inacceptables pour un chef de gouvernement espagnol, comme l’autodétermination. Il n’avait pas vraiment les moyens de gouverner. Il était complètement dépendant de partis dont l’agenda avait peu à voir avec l’Espagne. Il a réussi à faire passer quelques mesures comme l’augmentation du salaire minimum ou l’indexation des retraites sur l’inflation, bonnes pour son électorat, mais pour le reste il était quasiment pieds et poings liés par les indépendantistes catalans dont l’objectif est de séparer le territoire de la Catalogne de l’Espagne" explique Barbara Loyer, universitaire, spécialiste de la géopolitique espagnole.
 

Des élections législatives, les Espagnols en ont connu plusieurs ces dernières années. Elles n’ont jamais dégagé de majorité claire. Que peut-on attendre de celles d’avril prochain ?

"Il est vraisemblable que ce soit toujours aussi peu clair, qu’il n’y ait pas de majorité simple. Les paris sont ouverts entre le fait de savoir si le parti centriste Ciudadanos essaiera de reconstituer une majorité avec le parti socialiste qui serait plus ou moins renouvelé ou bien de constituer une majorité avec le parti populaire et qui comprendrait les députés du parti Vox, qui est à droite du parti populaire, qui vient d’apparaître dans le panorama espagnol, et qui risque de faire un bon résultat" ajoute Barbara Loyer.
 

Donc les centristes seront faiseurs de roi quoi qu’il arrive ?

"Je ne sais pas si les centristes seront faiseurs de roi, car pour le mois de mai, ils ont mis toutes leurs espérances pour gagner la mairie de Barcelone, dans la candidature de Manuel Valls. Ils sont donc un peu entre deux chaises. Ils peuvent faire des accords avec la droite et avec la gauche, selon les communautés autonomes ou les mairies dans lesquelles ils vont concourir. Et là ils se trouvent dans la situation d’avoir sans doute à devoir faire ce genre de choix pour le gouvernement national, juste avant des élections régionales et municipales. Du coup, toutes les décisions prises par les partis politiques sont de ce point de vue là compliquées. Les seuls pour qui la chose est très simple sont le nouveau parti d’extrême-droite qui est l’étoile montante du moment. Et il est aussi possible que ce soit eux qui soient la clé, aussi. Mais il est très difficile de pouvoir prévoir comment cela peut se passer en Espagne" conclut-elle.

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Jean-Baptiste Labeur