Les auditions devant le Parlement européen : épreuve de démocratie pour les futurs Commissaires

Présentée par

S'abonner à l'émission

La chronique Europe

vendredi 11 octobre à 7h20

Durée émission : 3 min

Les auditions devant le Parlement européen : épreuve de démocratie pour les futurs Commissaires

Ces deux dernières semaines avaient lieu les auditions des futurs Commissaires européens devant le Parlement européen, qui ont culminé hier avec le rejet de la française, Sylvie Goulard

Avant d’en venir au cas particulier de Sylvie Goulard, j’aimerais m’attarder juste un instant sur la tenue même de ces auditions, qui sont des auditions de confirmation des Commissaires proposés. Je voudrais insister sur leur caractère indubitablement démocratique alors même qu’on présente bien souvent les membres de l’Exécutif européen comme des technocrates nommés par les Etats.

Et, je vous le demande : dans quelle démocratie européenne, les membres du gouvernement sont-ils entendus et confirmés par le Parlement ? Pas en France. Mais pas au Royaume-Uni non plus. Boris Johnson y a été désigné Premier ministre à la suite d’une élection interne au Parti conservateur, qui compte pour à peine 0,2% de la population britannique.

Alors oui, le Parlement européen a du pouvoir et il s’en saisit, ce qui a couté son poste à Sylvie Goulard, mais également à la roumaine Rovana Plumb et au hongrois Lazlo Trocsanyi, qui, eux, ont vu leur candidature écartée avant même de pouvoir être entendu en audition.

La décision de ne pas valider la candidature de Sylvie Goulard n’est bien sûr pas exempte de considérations politiques, et pas nécessairement au sens noble du terme.

Mais les deux prestations de la candidate française devant le Parlement européen (son audition et son audition de rattrapage) n’étaient pas très convaincantes. Tant sur les dossiers de fond que sur les questions portant sur sa probité. Mises en cause dans une affaire d’emploi fictif et pour un contrat de consultant à l’époque où elle était parlementaire européenne, Sylvie Goulard s’est enfermée dans une défense purement juridique, qui pouvait parfois être interprétée comme de la légèreté.

Avec trois candidats rejetés, plus le candidat polonais qui doit passer une épreuve de rattrapage, ces auditions ont un peu tourné au jeu de massacre.

Mais, toutes les auditions n’ont pas toutes été aussi difficiles. Et, même certains candidats un peu faiblards ont tout de même été confirmé par le Parlement. Par ailleurs, certains des aspirants Commissaires ont passé cette épreuve haut la main. C’est le cas, par exemple, de Margrethe Vestager qui, Vice-présidente exécutive de la Commission, chapeautera la stratégie numérique de l’Union et sa politique de concurrence. Moins attendu, le candidat Grec, Margaritis Schinas, le fameux futur Vice-Président à la protection de notre mode de vie européen, s’est révélé tout à fait convaincant, malgré son titre auquel le Parlement a clairement exprimé son opposition.

Reste donc maintenant à pourvoir le poste libéré par Sylvie Goulard pour que la Commission puisse prendre ses fonctions comme prévues le 1er novembre prochain.

Les dernières émissions

L'émission

Le vendredi à 7h20

Chaque semaine, dans la Matinale RCF, une analyse politique de l'Union européenne et de ses grands enjeux.

Le présentateur

Edouard Simon

Edouard Simon est directeur du bureau de Bruxelles du think-tank Confrontations Europe