Les enfants

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Un mot, un jour

jeudi 21 novembre 2019 à 8h55

Durée émission : 4 min

Un mot, un jour

​Enfant, c’est un mot si beau, et l’on sait le drame affreux qui vient de se dérouler dans une forêt, une femme attendant un enfant, monstrueusement mordue par des chiens

Enfant, c’est le mot choisi ce matin, parce qu’on perçoit bien comment l’enfant et la maman doivent être protégés toujours davantage. C’est aussi un mot dont l’origine laisse réfléchir…

En fait on aimerait donner la parole aux enfants le plus possible, pour qu’ils se défendent,  mais son origine étymologique correspond justement au fait de l’impossibilité de parler. C’est en effet du latin « in faris », un préfixe latin négatif, et le verbe « fari » qui signifie « parler », qu’est né le mot, pour désigner en réalité le tout petit qui en très bas âge, bien sûr ne parle pas, pourtant il babille.

Ce n’est qu’au Moyen Âge on a ensuite désigné un petit garçon ou une petite fille par le mot « enfant » et nos dictionnaires du XIXe siècle derrière Larousse ont même présenté la différence entre le bébé et l’enfant, ce dernier étant assimilé à toute personne ayant déclarait Larousse de six à quatorze ans. On se souvient de Chamfort, qui dans ses Maximes et Pensées, en 1794, affirmait, qu’ « il y a dans le cerveau des femmes une fibre de plus que chez les hommes » « Il faut, précisait-il, umne organisation particulière pour les rendre capable de soigner, caresser des enfants. »

Aussi rien n’est plus atroce que le décès d’une femme qui porte un enfant. Ce sont deux vies qui disparaissent en effet. Et l’on sait combien notre littérature donne à l’enfant ce sens auquel le verbe enfanter nous pousse. « Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille » manifeste sa joie, rappelle Hugo. Depuis le XIIe siècle, oubliant l’enfant qui ne parle pas, s’est installer le verbe « enfanter », synonyme de mettre au monde, avec très vite dès le siècle suivant un sens figuré, faire naître à la beauté du monde, « enfanter à la vie » disait-on.

Voilà pourquoi rien n’est plus effrayant que de perdre la vie et son avenir avec la détresse d’une femme attaquée par des chiens, comme hélas l’actualité en rend compte. Et c’est aussi, pareille actualité, une horreur qui suppose des précautions qui sont parfois oubliées.

Eh bien de celles qui consistent à laisser des chiens sans maîtres à leur côtés, quelques que soit ces chiens, dès lors qu’ils sont de taille à pouvoir tuer. La vie d’une personne et d’un enfant à venir est trop précieuse pour prendre pareil risque. Je lis chez l’Abbé Furetière que « La vie n’est pas un jeu d’enfants ». Non, et la vie n’a pas à être exposée à des bêtes incontrôlées. On a tous dans le cœur cette tragédie : elle doit faire réfléchir pour que plus jamais cela se reproduise.
 

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Du lundi au vendredi à 8h55

Jean Pruvost, lexicologue passionné et passionnant vous entraîne chaque matin dans l'histoire mouvementée d'un simple mot !  

Le présentateur

Jean Pruvost

Chroniqueur de langue à RCF depuis 2011, Jean  choisit chaque jour un mot de l’actualité, pour l’intense plaisir d’en partager la saveur, en ouvrant les dictionnaires de sa bibliothèque qui en compte dix mille… Explorer ensemble les mots, c’est construire des harmonies. Jean aime aussi marier les mots et les notes sur sa guitare.