Les Hirondelles de Kaboul

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La chronique Cinéma

mercredi 4 septembre à 8h52

Durée émission : 3 min

La chronique Cinéma

Valérie de Marnhac revient cette semaine sur un film d'animation, "les hirondelles de Kaboul", de Zabou Breitma, et d'Emea Gobbe-Mevellec.

C’est un dessin animé mais il n’est pas particulièrement destiné aux enfants, puisqu’il a pour cadre l’arrivée au pouvoir des Talibans en Afghanistan à la fin des années 1990. Cela étant, le choix du dessin apporte une poésie à l’histoire et une mise à distance pour les scènes difficiles. Ce qui permet d’y aller avec des adolescents et d’aborder avec eux des thèmes qui les touchent, comme les rapports entre homme et femme, ou la notion de liberté.
 

ALORS QUE RACONTE LE FILM JUSTEMENT ?

C’est une adaptation du roman à succès de Yasmina Khadra, qui suit le destin croisé de deux couples à Kaboul, lors de l’instauration de la Charia. Atiq est un vieux gardien de prison, fatigué et usé, sa femme est gravement malade et il a du mal à s’occuper d’elle. L’autre couple est jeune, amoureux, plein de vie ! Mais tous les quatre vont être confrontés à cette nouvelle loi, à ses interdictions et aux violences faites aux femmes et leur vie va en être profondément bouleversée.
 

LA CHARIA EST PARTICULIEREMENT REPRESSIVE POUR LES FEMMES. QU’EN EST-IL POUR LES HOMMES DANS LE FILM ?

Le film dénonce bien évidemment la radicalisation des fondamentalistes islamistes, mais aussi leur hypocrisie souvent, et leur bêtise parfois ; ce qui donne quelques scènes assez drôles ! Et pour les autres, ils vont devoir faire des choix : adhérer ou résister à ce nouveau pouvoir, fuir ou se battre de l’intérieur, transmettre la haine ou la vie. Et c’est là que le film devient émouvant. Quand Atiq fait face à la beauté de la jeune Zunaira et au courage de sa femme, et qu’il redécouvre progressivement sa propre humanité.
Le film devient alors une ode au libre-arbitre, à la capacité de résistance, et à l’amour.
 

ALORS QU’APPORTE LE FILM A CEUX QUI ONT DEJA LU LE LIVRE ?

C’est la force des images bien sûr ! C’est le 5ème long métrage de Zabou Breitman mais c’est son premier film d’animation. Et elle a réfléchi à la manière de s’approcher au plus près de la vérité, en recherchant le réalisme des acteurs mais pas forcément des dessins. Elle a fait le choix d’une dessinatrice absolument formidable -avec qui elle co-réalise le film-, et dont les aquarelles rendent palpables la lumière et la poussière de Kaboul. Et pour donner vie aux personnages, contrairement aux habitudes, elle a d’abord fait jouer les acteurs, en studio et en costumes, puis fait dessiner les scènes à partir de là.
 

ET LE FILM VIENT D’OBTENIR LE GRAND PRIX DU FESTIVAL DU FILM FRANCOPHONE D’ANGOULEME !

C’est la deuxième fois seulement qu’un film d’animation remporte ce prix, après "Ma Vie de Courgette", de Claude Barras, en 2016. Il faut y voir là le talent de Zabou Breitman bien sûr, mais aussi le dynamisme et la créativité de l’animation française. Et puis se réjouir que ce soit deux femmes récompensées, dans un secteur où elles sont encore trop largement minoritaires !

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Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr