Mais au fait, l’épidémie de coronavirus est-elle vraiment une "crise" ?

Présentée par UA-133332

S'abonner à l'émission

L'invité de la rédaction

jeudi 20 août à 8h10

Durée émission : 7 min

L'invité de la rédaction

© 2020 GONZALO FUENTES / POOL / AFP - En cas de crise, la France dispose d'une cellule interministérielle de crises qui a été utilisée pour faire face à la progression du nouveau coronavirus.

"Crise" sanitaire, économique, sociale… C’est un terme très souvent employé. Mais, concrètement, qu'est-ce qu'une "crise" ? Réponse avec Thomas Meszaros, maître de conférences à Lyon 3.

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

Alors que l’épidémie de coronavirus continue de s’étendre, le monde entier semble spontanément s’accorder pour assimiler cette période à l’une des "crises" les plus importantes de l’Histoire contemporaine. Sans vraiment avoir conscience d’employer un terme finalement lourd de sens. Pour Thomas Meszaros, maître de conférences en science politique à l’Université Lyon 3 et président-fondateur de l’Institut d’études de crise de l’intelligence stratégique et économique (IEC-IES), "la 'crise' est un terme qui s’est galvaudé au cours des années".

 

Des crises en cascade provoquées par la pandémie

"Progressivement, le mot 'crise' est devenu synonyme d’incertitude et de confusion, relève Thomas Meszaros. Mais étymologiquement, ce terme signifie 'séparer, crier et décider'." Et de préciser : "Une crise renvoie à une situation que l’on pourrait qualifier de rupture de l’équilibre, avec des choix qui s’imposent."
D’après Thomas Meszaros, cette pandémie a d’ailleurs engendré plusieurs crises successives : "Une crise sanitaire, à cause de l’incapacité du système de santé et de soins à supporter la contrainte qu’a fait peser le virus sur la population ; une sociale qui s’est illustrée avec des inégalités sociales très importantes sur le territoire ; une crise économique, qui a commencé avec les phases de confinement."
Mais ce n’est pas seulement sur ces trois axes que la crise a pu être constatée. Pour le président-fondateur de l’IEC-IES, "c’est un phénomène qui a également été vécu individuellement, avec notamment des crises d’angoisse ou des actes d’incivilités, des situations conflictuelles au sein de la société".

 

Comment l’État fait-il face à une crise ?

"L’État est préparé à prendre en charge" n’importe quel type de crise, précise le maître de conférences. "La France dispose d’une cellule interministérielle de crises", indique Thomas Meszaros. Globalement, les structures de gestion de crises "s’organisent autour de quatre axes", précise-t-il : un pôle "diagnostic", un pôle "d’anticipation", "une cellule de décision" et "un volet communication". Dans le cadre de la pandémie, le gouvernement disposait également d’un outil supplémentaire : le conseil scientifique, mis en place pour "faciliter la prise de décision", selon le président-fondateur de l’IEC-IES.  

 

Trois défauts majeurs dans la gestion de crise du gouvernement

Néanmoins, la théorie n’est pas toujours évidente à appliquer. Et en pratique, Thomas Meszaros pointe trois principaux défauts dans la gestion de crise du gouvernement français : "Une défaillance dans le mécanisme d’alerte, un manque de flexibilité et de créativité dans la gestion de crise et une communication qui n’a pas été claire et transparente, avec des injonctions contradictoires, notamment par rapport au port du masque." Des erreurs qui, selon le maître de conférences, peuvent avoir des conséquences sur les comportements sociaux.

 

Invités

  • Thomas Meszaros, maître de conférences en science politique à l’Université Lyon 3 et président-fondateur de l’Institut d’études de crise de l’intelligence stratégique et économique

Les dernières émissions

L'émission

Du lundi au vendredi à 8h10

Chaque jour, la rédaction nationale RCF vous propose un entretien avec un acteur de la société civile ou une personnalité engagée dans le domaine associatif, politique, entrepreneurial ou religieux.

Le présentateur

Clotilde Dumay