"Martyrs" d'Algérie: "ce sont des témoins de l'amour" pour Mgr Vesco

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lundi 17 septembre à 6h41

Durée émission : 4 min

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Dix neuf "martyrs" d’Algérie seront béatifiés le 8 décembre prochain à Oran. Parmi eux, Mgr Pierre Claverie, et les sept moines de Thibirine.

Tous ont été assassinés entre 1994 et 1996 au cours de la guerre civile algérienne entre le gouvernement et des groupes islamistes. La béatification de ces martyrs est donc confirmée. Un dossier qui a avancé exceptionnellement vite.

Pourquoi une béatification commune ?

"C’était une décision importante qui a été prise au moment de l’ouverture de la cause en béatification. Le symbole, c’était de dire que ce n’est pas le témoignage de 19 personnes qui ont été tuées, c’est le témoignage de vie d’une Eglise toute entière restée en solidarité avec un peuple auquel elle se sait envoyée. Pour nous, ce ne sont pas 19 personnes seulement que l’on voudrait célébrer, mais c’est vraiment un témoignage que l’on veut donner d’une Eglise, ceux dont la vie a été prise, et ceux qui ont simplement, dans le quotidien, pris le risque de la perdre" explique Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran.
 

Quel est le sens du mot martyr pour l’Eglise ?

"C’est un terme qui nous pose difficulté ici dans le cadre de cette béatification, même si effectivement ils sont bien morts au nom de leur foi, et c’est sans doute en temps que chrétien qu’ils ont été assassinés, mais dans un cadre beaucoup plus vaste de guerre civile, où 200.000 Algériens ont trouvé la mort, où 114 imams ont été assassinés car ils refusaient de cautionner la violence. Pour nous, le mot martyr, c’est témoin, mais ce sont plutôt des témoins de l’amour, de la fraternité, que des personnes assassinées en haine de la foi selon le terme traditionnel" ajoute Mgr Vesco.
 

Cette béatification est assez rapide, dans l’histoire de l’Eglise. Pourquoi un procès en béatification aussi rapide ?

"On ne s’attendait pas du tout à cela. A vrai dire, au moment d’engager cette cause, l’Eglise était partagée sur le fait de le faire, ou pas. Et ceux qui l’avaient emporté avaient dit qu’il faut qu’à leur génération, le travail soit fait car après cela prendra des décennies. C’est au début de l’année 2017 que nous avons été prévenus, et stupéfaits de cela, que la cause avait avancé extrêmement vite, car voulue par le pape François, et qu’il fallait préparer notre Eglise à fêter cet événement. Et notre Eglise n’était pas prête pour ça. Le message qui est véhiculé par cet événement est malheureusement d’une actualité peut-être plus brulante encore" conclut l'évêque d'Oran.

 

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