Mathias Théry

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Le Grand Invité

jeudi 13 février à 8h10

Durée émission : 15 min

Le Grand Invité

© Mathias Théry, co-réalisateur du film "La Cravate" PHILIPPE LOPEZ AFP

Un document sorti mercredi dernier, "La Cravate", revient sur l’ascension d’un jeune militant du Front National durant la dernière élection présidentielle.

Ce documentaire a été réalisé par Etienne Chaillou et Mathias Théry. C’est ce dernier qui est aujourd’hui l’invité de Stéphanie Gallet. Il s’était déjà fait remarquer en 2016 avec "La Sociologue et l’Ourson", un premier opus qui revenait alors sur les débats qui avaient enflammé la France autour du mariage pour tous.
 

Pourquoi un jeune s'engage au FN

Pour ce documentaire, Mathias Théry et son compagnon se sont plongés dans l’univers du Front National, dans la vie d’un jeune militant politique. "L’idée de départ était de sonder le parcours d’un jeune qui à 20 ans se retrouve engagé très fortement à l’extrême-droite. Nous avions envie de comprendre pourquoi Bastien s’était engagé depuis tant d’années, de manière assez solitaire. Et de plonger dans les coulisses d’un parti où l’on a du mal à pénétrer" explique le réalisateur du film.

"Nous avons rencontré Bastien à l’occasion du tournage d’un film court pour la télévision, où nous faisions les portraits de jeunes qui votent pour la première fois. En tournant ce film, une relation née entre nous, qu’elle est intéressante. À ce moment-là, Bastien rencontre les grands du parti et commence à enfiler le costard et la cravate pour devenir un cadre. On s’est dit que c’était une opportunité incroyable. Bastien accepte que l’on reste, et l’on vit toute la présidentielle à ses côtés" ajoute Mathias Théry.
 

Découvrir l'intérieur d'un parti qui fait fantasmer

"Ce qui nous intéressait n’était pas seulement le discours politique, mais sa vie toute entière. Car nous avions envie de comprendre les relations entre son parcours intime et la politique. Comment l’un et l’autre se nourrissent. Comment la politique vient occuper des espaces vides dans une vie" lance encore le co-réalisateur de "La Cravate".

Ce que l’on découvre dans ce documentaire, du point de vue du militant, ne sont pas des choses propres au Front National. L’engagement militant, la volonté, la jeunesse, l’ingratitude des chefs, le plafond de verre. Tout cela se retrouve partout, dans n’importe quelle formation politique. Mais le film donne également l’occasion de faire entrer le téléspectateur à l’intérieur d’un parti qui fait beaucoup fantasmer.
 

La recherche d'une forme de vérité

Se faire accepter par les ténors du FN n’a pas été une chose compliquée pour les deux réalisateurs. "Comme on s’intéressait à un petit lieutenant, ils ont dit oui. Quand on va à la rencontre des cadres, la plupart du temps, on est au milieu des caméras, le parti est demandeur. Et ensuite, nous faisons le film sur le petit Bastien. On ne nous a pas accordé beaucoup d’importance" analyse encore Mathias Théry, qui réfute toutefois l’idée d’avoir participé à la banalisation du Front National.

"Essayer de comprendre, ce n’est pas valider. C’est toute la nature de notre relation avec Bastien, qui est une relation sincère. Nous n’avons jamais essayé de le piéger. On n’a jamais fait semblant de ne pas être des opposants politiques. C’était assumé. L’objectif du film, ce n’est pas une confrontation politique sur les idées, mais la recherche d’une forme de vérité en dépassant les apparats" lance-t-il.

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Chaque matin, Stéphanie Gallet reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.