Mauvaise semaine pour Boris Johnson

vendredi 6 septembre à 7h20

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Mauvaise semaine pour Boris Johnson

Une semaine difficile pour Boris Johnson, pourra-t-il assumer un Brexit dur ?

Mauvaise semaine pour Boris Johnson… Le champion d’un Brexit coûte que coûte a encaissé une série de défaites à la Chambre des Communes qui pourraient bien compromettre fortement à la fois son projet, mais également la suite de sa carrière politique.

Devenu premier ministre du Royaume-Uni avec pour principal programme politique, la sortie de l’UE le 31 octobre prochain avec un nouvel accord ou sans accord du tout, celui que l’on surnomme BoJo voit sa stratégie du bras de fer avec l’UE sérieusement remise en cause par la Chambre des Communes. Il faut dire que celle-ci n’a pas pour l’heure permis d’obtenir de progrès dans la négociation d’un nouvel accord.

Au centre des désaccords, la désormais fameuse proposition du filet de sécurité irlandais (ou backstop en patois bruxellois). Elle prévoit le maintien de l’application de l’essentiel des règles européennes à l’Irlande du Nord évitant ainsi le rétablissement d’une frontière entre les deux Irlande. Elle est pourtant perçue par les Brexiters et Johnson en tête comme une atteinte inacceptable à l’intégrité du Royaume-Uni… Or, si les Européens n’ont pas fermé la porte à une solution technique alternative, Johnson ne leur a pour l’instant toujours pas fait part de ses propositions, semblant privilégier le scénario d’une sortie sans accord…

Mais rien n’est joué.

Alors qu’il avait annoncé, la semaine dernière, une suspension des travaux du Parlement jusqu’à deux semaines avant le Brexit, empêchant de facto celui-ci de se saisir de ce débat, Boris Johnson doit faire face à une véritable fronde de la part des Parlementaires britanniques opposés à un Brexit dur, y compris dans son propre parti. Ceux-ci ont ainsi infligé coup sur coup trois défaites politiques à Boris Johnson, l’ont privé de sa majorité à la Chambre des Communes et ont adopté un texte l’obligeant à demander un nouveau report de trois mois aux Européens.

La perspective d’un Brexit sans accord le 31 octobre prochain s’éloigne 

A priori oui, car un Brexit sans accord – un No-Deal Brexit – serait nécessairement douloureux. Pour les Britanniques, en premier lieu. Mais pour l’Europe également, et pour la France particulièrement. Tout ça dans un contexte de ralentissement économique en Europe et de menace de récession mondiale…

Bref, personne (ni les Britanniques ni les Européens) n’a, pour l’heure, véritablement envie d’assumer la responsabilité d’un Brexit dur.

Pourtant, un nouveau report de la date du Brexit n’est pas certain. Rappelons que pour qu’un tel report ait lieu, il ne suffit pas que les Britanniques le demande il faut également que les 27 décident de leur accorder, à l’unanimité.
Or, du côté des Européens, la lassitude se fait clairement sentir et la perspective d’un nouveau report n’enchante plus personne. Et, peu à peu l’idée qu’un Brexit dur est inéluctable semble s’imposer, rendant plausible le scénario d’un veto d’un ou plusieurs Etats membres, qui souhaiteraient se consacrer à d’autres dossiers.

Dans un tel contexte de blocage politique au Royaume-Uni et face au scepticisme grandissant des Européens, seules de nouvelles élections générales pourraient permettre aux Britanniques de trancher et de dire ce qu’ils veulent. A condition toutefois que celles-ci aboutissent à un résultat clair…

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