Messe, ni instrumentalisation ni banalisation

Présentée par PR-24750

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L'édito de François Huguenin

mercredi 4 novembre 2020 à 7h55

Durée émission : 3 min

Messe, ni instrumentalisation ni banalisation

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Le président de la Conférence des évêques de France a déposé un référé-liberté devant le Conseil d'État pour réautoriser les offices religieux en public.

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Le président de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort, a donc décidé d’introduire une action en référé, devant le Conseil d'État, pour annuler la décision d'interdiction des cultes durant le confinement. Six autres évêques se sont associés au nom de leur diocèse à cette action. Un mouvement de laïcs comme les AFC a fait de même, et des intellectuels catholiques comme Pierre Manent, Rémi Brague, Fabrice Hadjadj ou Chantal Delsol ont publié une tribune en ce sens. Je souhaite dire d'emblée que je m'associe totalement à leurs actions.

Comme toujours, une telle initiative ne peut rassembler l'intégralité des catholiques. Je suis tout prêt à admettre que certains préfèrent respecter un confinement strict, ne plus voir leur famille, et même se dispenser de messe, si cette requête aboutissait. Je le dis sans ironie : je ne les juge pas, je ne sais pas ce qui se passe dans les cœurs et je suis conscient de la gravité de la situation qui fait craindre à certains d'être contaminés ou de contaminer autrui.

Je pense quant à moi que le fait de réclamer la liberté de culte, alors que nous pouvons sans encombre aller dans les grandes surfaces pour acheter des produits qui ne sont pas tous de première nécessité, est plus que justifié. Mais je ne souhaite pas donner des leçons à ceux qui auraient une autre manière de voir que moi.

En revanche, je suis perplexe à la lecture de certains arguments sur les réseaux sociaux. Je ne vois pas en quoi le fait que les évêques qui ont appelé à cette action soient catalogués comme conservateurs puisse, en quoi que ce soit, discréditer leur parole. Nous n'avons rien à gagner en agitant ce genre d'étiquettes bien souvent caricaturales.
Quant à l'argument qui consiste à dire qu'une telle action va diviser les catholiques, je pense qu’il n'est pas sérieux. Nos divergences existent et ne datent pas d’hier. Elles sont somme toute normales et ne doivent pas nous effrayer outre mesure.

Mais en l'occurrence, il y a suffisamment d'accord sur une telle action, qui respecte parfaitement les règles de droit, pour ne pas faire de faux procès.

En attendant le résultat de cette requête, je forme le vœu, quelle qu'en soit l'issue, que ce qui nous réunit soit plus fort que ce qui nous divise. C’est ainsi que nous répondrons aux défis du temps.

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Le présentateur

François Huguenin

Historien et essayiste (dernier ouvrage Le Pari chrétien chez Tallandier), François Huguenin est aussi éditeur et collabore aux magazines La Vie, Prier, Le Figaro Magazine, Magnificat et Aleteia.