​Mgr Patrick Chauvet: "dans la restauration de Notre Dame, l’Eglise a quelque chose à dire"

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L'invité de la rédaction

mercredi 17 juillet à 8h10

Durée émission : 7 min

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© LUDOVIC MARIN AFP

Le Parlement a donné son feu vert au projet de loi définitif qui doit encadrer la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Ce projet de loi a un double objectif : encadrer et contrôler l’utilisation des dons pour restaurer la cathédrale, et coordonner la restauration de l’édifice religieux. Certains ont dénoncé une loi d’exception inutile menée dans la précipitation, mais aussi l’instauration de dérogations inadmissibles aux règles du patrimoine. Mais la vraie pomme de discorde, ce sont les dérogations aux règles d’urbanisme.

Pour Mgr Patrick Chauvet, recteur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, cette loi est juste. "On n’est pas dans la précipitation. La cathédrale a été très abîmée et on est en état d’urgence. Il a fallu rapidement fortifier les structures qui ont été ébranlées et donc on ne pouvait pas attendre des commissions pour cela. Les compagnons du devoir sont venus travailler et sauver la cathédrale. Ce que je vois, c’est que pendant ces trois mois, nous avons pu accélérer les travaux. C’est vrai qu’en trois mois, on a fait le travail de deux ans et demi. Ce qui ne veut pas dire que cela a été bâclé".

Emmanuel Macron souhaite pouvoir restaurer Notre-Dame de Paris en cinq ans. Un délai qui n’est pas ambitieux, mais réalisable pour le recteur de la cathédrale. "On pourra rentrer dans la cathédrale dans cinq ans. Cela ne veut pas dire que l’on aura terminé tous les travaux extérieurs. Après tout, la cathédrale commençait à être un lieu de célébration avant même qu’elle soit achevée totalement. Ce qui est visé par le président de la République, c’est que l’on puisse célébrer dans cinq ans, ce qui est tout à fait réalisable" précise le recteur.

L’une des principales difficultés du chantier, sera le démontage de l’échafaudage. Ce dernier avait été installé pour les travaux de la flèche. Il avait été soudé. Il ne faut pas qu’il tombe sur les voûtes restantes. Pour cela, il faut construire un plancher à l’intérieur de la cathédrale, et au-dessus de la cathédrale. "Démonter l’échafaudage demandera un travail de trois mois au moins. Là on pourra dire que la cathédrale est sauvée à 100% et l’on commencera alors la seconde phase, la restauration proprement dite" lance Mgr Chauvet.

Mgr Aupetit déclarait récemment que la cathédrale ne peut être réduite à un lieu patrimonial. Il s’agit d’un lieu de culte. Une différence de vision qui pourrait être au cœur des options prises pour la restauration de l’édifice religieux. "L’enjeu c’est de pouvoir rappeler au ministère de la Culture, à l’Etat, aux députés, aux sénateurs, que notre cathédrale est d’abord le lieu de la célébration, du culte, de la louange du Seigneur. Elle a d’ailleurs été construite pour cela. Il a fallu un peu le rappeler, mais c’était important que la cathédrale ne devienne pas un musée, et que dans le projet de restauration, l’Eglise a quelque chose à dire" conclut Mgr Chauvet.

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