Mgr Pierre d’Ornellas: "avant que la technique existe, un enfant avait un père et une mère"

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Le Grand Invité

lundi 23 septembre à 8h10

Durée émission : 15 min

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© Bruno LEVY CIRIC

L’examen du projet de révision de la loi de bioéthique débute mardi 24 septembre prochain, à l’Assemblée nationale.

De débat apaisé à débat aveuglé

Il y a une semaine, la Conférence des Évêques de France organisait au collège des Bernardins, à Paris, une conférence afin de présenter ses réflexions sur les différents sujets portés par le projet de révision de la loi de bioéthique. Il était alors possible de sentir une réelle inquiétude chez les représentants de l’épiscopat français.

"C’est un avenir qui est en jeu. C’est le passage d’un débat apaisé qui état désiré à un débat aveuglé. C’est un aveuglement vis-à-vis de la fascination de la technique qui rend possible beaucoup de choses et qui nous fait oublier les principes fondamentaux de dignité, de respect. Des droits fondamentaux. Il y a quatre jours, l’Académie nationale de médecine a rappelé qu’il était dangereux de légaliser la production d’un enfant sans père. Même le CCNE avait dit que le rôle du père était essentiel. Maintenant, dans un aveuglement sidérant, les députés estiment qu’il est tout à fait normal qu’un enfant n’ait pas le droit d’avoir un père" explique Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, et responsable du groupe de travail sur la bioéthique à la Conférence des Évêques de France, auteur de "Bioéthique : quelle société voulons-nous ?" (éd. Balland).

"La technique est devenue notre maître"

Pour l’archevêque de Rennes, les questions de bioéthique relèvent davantage du bon sens que de la technique. "Avant que la technique existe, on savait bien qu’un enfant avait un père et une mère. Maintenant que la technique existe, on pourrait penser que ce n’est plus évident. Cela veut dire que la technique est devenue notre maître. C’est elle qui dirige, et plus notre réflexion sur la dignité de la personne humaine qui implique la fraternité" ajoute-t-il.

Le responsable du groupe de travail sur la bioéthique à la Conférence des Évêques de France rappelle que différents sondages ont été réalisés, notamment sur la question de la procréation médicalement assistée, et de son élargissement aux couples de femmes et aux femmes seules. D’après ces sondages, plus de 80% des Français estiment important qu’un enfant ait un père. Par ailleurs, rappelant un sondage réalisé au moment des États Généraux de la Bioéthique, Mgr d’Ornellas précise que 90% des Français s’opposeraient à l’extension de la PMA. L’occasion pour lui d’illustrer l’aveuglement des députés sur la question.

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Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.