​Migrants, les limites d’un débat

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Regard politique

mercredi 9 octobre à 7h20

Durée émission : 3 min

Regard politique

Les exégètes de la pensée présidentielle sur la question de l’immigration se divisent.

Le président a-t-il changé sa vision depuis le début de son mandat ? Assiste-t-on à un durcissement soudain pour des raisons de politique politicienne à l’approche des élections municipales et pour préparer la présidentielle ? Ou  est-on dans la continuité d’une pensée qui change simplement quelque- uns de ses accents ?

A vrai dire ce débat n’a pas forcément grand intérêt. Depuis le début de son mandat et jusqu’à très récemment, Emmanuel Macron n’avait en fait rien dit de décisif sur la question. Ce qui comptera au final - pour les Français et les migrants aussi - sera la politique effectivement conduite par l’exécutif  sur un sujet qui ces dernières décennies a déjà fait l’objet de tant d’annonces ou de promesses.

Y voit-on plus clair ?

Envoyé en première ligne à l’Assemblée nationale lundi pour un débat programmé la semaine précédente et reporté à cause de l’hommage à Jacques Chirac, Edouard Philippe s’est donc à attelé à la tâche qui lui avait été confiée. Il a ainsi appelé à «réviser nos logiciels», alors que il n’est pas lui-même très convaincu de l’urgence à ouvrir ce chantier.

Non pas qu’il soit aveugle sur la nécessité de revoir notre politique migratoire pour tenir compte à la fois de l’état d’une partie de l’opinion sur cette question même si l’ampleur des craintes n’est pas  tout à fait corrélée aux réalités du terrain. Mais aussi sur les  difficultés nouvelles liées à l'augmentation de 22% entre 2017 et 2018 du nombre de demandes d'asile. «Le système français d'asile est aujourd'hui saturé», a noté le premier ministre.

Désormais  «la France (...) ne doit être ni plus, ni moins attractive que ses voisins» a-t-il alors expliqué Edouard Philippe.
 

Y aura-t-il des quotas de migrants ?

Edouard Philippe a donc dessiné un cadre pour les mois à venir évoquant des quotas pour lesquels il affichait pourtant la veille dans un entretien au JDD une forme  de scepticisme. «Ils n'auraient pas de sens pour les demandeurs d'asile ou pour le regroupement familial». Mais «qu'on peut débattre de nos besoins de main-d’œuvre étrangère» et se «fixer des objectifs ambitieux pour l'accueil des étudiants» avait-il estimé.

Le premier ministre n’est par ailleurs pas hostile à un débat sur «les dérives communautaires».

Comment les députés ont-ils  accueilli ses annonces ?

Ces projets si souvent proclamés à droite et à gauche ont rencontré un certain scepticisme dans les bancs assez clairsemés du Parlement. Dans un parfait parallélisme, la gauche a estimé, comme d’habitude que c’était trop parce qu’infaisable et la droite, en voie de durcissement sur cette question, que ce n’était évidemment pas assez à cause de l’absence de calendrier.

Hors Parlement, Marine Le Pen, elle, a préféré faire un lien entre la tuerie de la préfecture de Paris, perpétrée par un Français converti à l'islam et une «immigration anarchique ».

Dans la majorité, la loi Asile et immigration en 2018, avait provoqué un début de fronde au sein de la République en marche. Pas sûr qu’lle soit éteinte. La Fédération protestante de France s'inquiète, elle, des «conséquences délétères de l'instrumentalisation électoraliste des questions liées à l'immigration».
 
 

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La vie politique sous le regard de François Ernenwein.

Le présentateur

François Ernenwein

François Ernenwein est rédacteur en chef au quotidien La Croix.