"N’empêchez pas les enfants de venir à moi, car le royaume..." (Mt 19, 13-15)

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Prière du matin

samedi 17 août à 5h45

Durée émission : 5 min

"N’empêchez pas les enfants de venir à moi, car le royaume..." (Mt 19, 13-15)

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"N’empêchez pas les enfants de venir à moi, car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent"

Méditation de l'évangile (Mt 19, 13-15) par le père Bernard Devert

Chant final: "A mes petits frères du ciel" par Grégory Turpin

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    on présenta des enfants à Jésus
pour qu’il leur impose les mains en priant.
Mais les disciples les écartèrent vivement.
    Jésus leur dit :
« Laissez les enfants,
ne les empêchez pas de venir à moi,
car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent. »
    Il leur imposa les mains,
puis il partit de là.

Source : AELF
 

Méditation Père Bernard Devert

Jésus voyant que ses disciples rabrouent vivement les enfants leur rappelle que s’ils ne viennent pas à leur
ressembler, ils se privent de l’accès au Royaume.
Ayant une certaine idée d’eux-mêmes, ils jugent que la Parole ne saurait être entendue dans une cour de
récréation. Vraiment, ce n’est pas connaître le Seigneur qui, dans toute situation, fait naître les conditions d’une
re-création.
Tous, nous sommes enfants de Dieu ; tous, nous sommes appelés à entrer dans la grâce de la filiation, suscitant
l’espace d’un infini où la relation Dieu/homme est celle d’un Père à ses enfants.
En cette semaine où nous avons célébré l’Assomption de Marie, rappelons-nous que Bernadette parlant de la
Dame qu’elle avait vue à la grotte : « quelqu’un qui me regarde comme une personne, alors qu’elle est une toute
jeune fille, qui plus est, pauvre ; elle sait qu’elle n’a pas de prix pour grand monde, moins encore pour le grand
monde.
Que de frères et de sœurs n’ont aucune considération pour être évalués à l’aune des critères d’une société cupide
dans laquelle, pour compter, il est nécessaire d’en imposer pour ne point s’en laisser conter.
Que d’adultes se trouvent dans la situation de ces enfants que l’on présenta à Jésus, en les priant de s’effacer. Je
pense aux personnes âgées dépendantes, mais aussi aux soignants dont on respecte si peu la mission du
« prendre soin », pour n’avoir pas le temps de l’assumer, à leur grande déception.
Marie, dans sa 99ème année, a dû quitter sa chambre d’EHPAD pour être hospitalisée. Inquiète, bien que ne
souffrant pas, elle demande vainement : « pourquoi suis-je là ». Parce que vous êtes là, s’entend-elle répondre
par une auxiliaire de vie.
A l’écoute de ces mots, Marie sourit et poursuit son interrogation : « suis-je là pour longtemps ». Il n’y a pas de
nouvelle réponse, si tant est que la première en fut une.
L’aide-soignante s’en est allée, pressée par les impératifs de son service, laissant derrière elle, sans doute à
regrets, un silence dommageable, peu hospitalier.
Marie, que j’accompagne, me glisse sur un ton qui se veut badin : « il ne fait pas bon vieillir ». Pourquoi suis-je
encore là ; entendons : je ne sers à rien. Une charge. La société n’a d’attention que pour ceux qui lui sont utiles.
La parole de Marie « n’imprime » pas. Son âge n’est-il pas celui déjà d’un certain effacement ; elle a bien saisi que
sa présence est quasi incongrue, devant presque s’excuser de ne point s’être effacée pour n’avoir plus
d’efficacité. La prolongation trop longue de la vie se révélerait-elle un passif.
Pourquoi suis-je là, parce que vous êtes là - encore là.
Les Hôpitaux, les EHPAD, sont des « écrins » pour les vies blessées par la maladie, les accidents et l’usure
inexorable du temps ; des écrins, non pour enfermer mais protéger le plus précieux des joyaux : la vie.
Pourquoi suis-je là ? Vous êtes là, Marie, parce que nous vous devons de vous accueillir, parce que vous êtes,
vous. Le respect de la vie ne saurait autoriser à vous renvoyer.
Que de soignants luttent pour qu’il en soit ainsi. Ne méritent-ils pas notre reconnaissance et notre prière pour être
des acteurs de l’ombre qui, malgré les difficultés, laissent passer une lumière de tendresse, trace de l’espérance.
 

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