Nourrissage des oiseaux : quel équilibre ?

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La chronique Écologie

mardi 14 janvier à 7h20

Durée émission : 3 min

Nourrissage des oiseaux : quel équilibre ?

C’est l’hiver, c’est la saison du nourrissage des oiseaux et comme souvent la question revient : est-ce vraiment bon pour eux de les nourrir ou faut-il les laisser se débrouiller ?

Un article qui a beaucoup tourné accuse le nourrissage hivernal des oiseaux de créer des déséquilibres. C’est assez extraordinaire comme vision, ça laisse penser que les paysages notamment urbains et périurbains modernes seraient, eux, des lieux naturels, qui seraient en équilibre !

Au contraire, on constate que depuis quelques années les oiseaux très communs qu’on regroupe sous le nom d’oiseaux des jardins sont en plein effondrement. Le moineau friquet, le verdier, le chardonneret, le bouvreuil, qui étaient des espèces classiques à la mangeoire diminuent rapidement. Il est là le déséquilibre. Et le nourrissage cherche justement à y remédier.

Mais en compensant une action de l’homme par une autre, est-ce qu’on n’est pas dans cette logique interventionniste dont nous avons parlé la semaine dernière ?
Si, c’est vrai. Mais c’est une question d’échelle de temps. Nous avons créé, nous créons en masse des espaces trop entretenus, trop pauvres pour qu’il y ait les ressources alimentaires, herbes folles et insectes, dont les oiseaux ont besoin. Donc on met des mangeoires à la mauvaise saison pour compenser un peu. C’est une très modeste spirale aménagiste.

Mais à court terme on n’a pas trop le choix. L’état des espèces même communes est tel qu’on se doit d’agir. Par contre, dans le même temps il faut réfléchir, à l’échelle de nos jardins mais aussi de nos espaces publics pour réintroduire cette naturalité. C’est exactement comme les feux en Australie : il faut agir sur les causes profondes, mais il faut bien aussi éteindre l’incendie.

Concrètement, les meilleurs conseils de nourrissage ?

Jamais de pain, c’est la malbouffe des oiseaux. Des graines de tournesol bio, en mangeoire distributeur, pour éviter les pigeons. Des vieilles pommes au sol pour les merles, du beurre ou de la margarine suspendus, des boules de graisse mais sorties de leur filet et mises dans des supports spéciaux, sinon les oiseaux peuvent s’y prendre la patte. Placez les mangeoires au centre d’un espace dégagé pour que les oiseaux puissent voir venir les chats.

Par contre si l’épervier vient se servir ça sera plutôt une bonne nouvelle, c’est naturel. Enfin, assurez la continuité, n’interrompez pas le nourrissage. Les oiseaux optimisent leurs déplacements pour économiser leur énergie donc il ne faut pas qu’ils tombent sur une mangeoire vide. Et bien sûr préparez une gestion du jardin plus sauvage pour le printemps prochain.

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Le présentateur

Johannes Herrmann

ornithologue, auteur avec Mahaut Hermann de La Vie Oubliée Crise d’extinction Agir avant que tout s’effondre Edition Première partie Membre de la rédaction de la revue Limite http://revuelimite.fr/ sur Twitter : @Taigasangare