Obsèques et confinement: "Ce ne sont pas des conditions humaines pour enterrer les morts"

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mardi 24 mars à 6h41

Durée émission : 4 min

Obsèques et confinement: "Ce ne sont pas des conditions humaines pour enterrer les morts"

© Corinne SIMON/CIRIC - "L'essence même de la ritualité funéraire, c'est le regroupement, c'est le collectif..."

Les mesures de confinement, qui imposent des règles strictes pour les obsèques, ajoutent à la souffrance. Des conditions douloureuses qui touchent à une donnée profondément humaine.

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"Nous avons voulu à la fois préserver l'humanité de ces moments, a dit hier Édouard Philippe, et respecter aussi les consignes de sécurité." Les strictes mesures sanitaires concernant les cérémonies d'obsèques ajoutent de la douleur à la souffrance des proches endeuillés. 
 

Quelles règles pour les cérémonies d'obsèques ?

En ce qui concerne les règles liées aux obsèques, elles ont tendance à évoluer. La semaine dernière, le nombre de personnes admises dans les chambres funéraires, était au nombre de deux, l'accès au crématorium était interdit et le rassemblement au cimetière ne devait pas réunir plus de 10 membres de la famille. Dans les églises, les personnes autorisées à assister à la célébration doivent être séparées d'une rangée et de deux chaises. Il est interdit de poser la main sur le cercueil.

Mais si le 17 mars dernier, le Premier ministre avait interdit de se rendre à une cérémonie d'enterrement, il est revenu sur ce sujet hier soir pour limiter à "une vingtaine" le nombre de personnes autorisées à assister des obsèques, soit "la très proche famille".  

"Ce ne sont pas des conditions humaines pour enterrer les morts"

 

Des mesures qui ajoutent à la souffrance des familles

"C'est une circonstance extrêmement douloureuse pour toutes les familles qui ont recours à nos services, décrit Christian de Cacqueray, dans la mesure où l'essence même de la ritualité funéraire, c'est le regroupement, c'est le collectif, pour se dire l'affection, le soutien, pour accompagner le défunt et sa famille."

Pour le directeur du Service catholique des funérailles (SCF)on touche là à une donnée profondément humaine, anthropologique. "C'est vraiment une blessure faite à notre humanité que de ne pas pouvoir enterrer ses morts."
 

Comment la foi peut nous aider ?

Devant "la profondeur abyssale de la douleur humaine" dans ces circonstances, la foi peut-elle nous aider ? "Si nous restons proches les uns des autres par la pensée, par la prière, alors il y a quelque chose de l'ordre d'un surcroît de vie qui est possible, avance Christian de Cacqueray, mais enfin tout ça au prix de beaucoup de douleur, beaucoup de souffrance, beaucoup d'amputations humaines, psychiques et spirituelles, parce que ce ne sont pas des conditions humaines pour enterrer les morts."

 

Invités

  • Christian de Cacqueray, directeur du Service catholique des funérailles (SCF)

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Le présentateur

Etienne Pépin

Etienne Pépin est rédacteur en chef Actualités.