Pollution de l'air: la France tousse

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Le dossier du jour

mercredi 27 février à 7h12

Durée émission : 7 min

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© GEOFFROY VAN DER HASSELT AFP

Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux mais aussi Avignon ou Dunkerque. La pollution de l’air aux particules fines touche mercredi la plupart des grandes villes françaises.

Les niveaux d’information ou d’alerte sont franchis un peu partout dans l’hexagone depuis quelques jours. Et cette météo printanière accentue le phénomène. Ces pics de pollutions sont un classique hivernal. On se souvient par exemple du très long épisode de l’hiver 2016-2017. Si la météo ne génère pas la pollution, elle la favorise. Les conditions anticycloniques depuis la mi-février sont très défavorables à la dispersion des polluants. Elles se doublent d’un phénomène d’inversion des températures. 

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L’origine de ces particules fines est multiple. Et l’origine de ce type de pollution est aussi variable selon les villes et régions mais grosso modo, le trafic automobile et le chauffage au bois représentent le duo habituel à l'origine de ces pics de pollution, bien qu'ils ne sont pas les seuls. Nicolas Vigier est prévisionniste à Atmo Auvergne Rhône-Alpes, qui contrôle la qualité de l’air pour cette région.

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A Paris par exemple, les particules fines sont majoritairement produites pas le trafic automobile. En Savoie, dans la vallée de l’Arve, c’est plutôt majoritairement le chauffage au bois. A Marseille, la pollution générée par les bateaux est aussi bien présente.

Et comme chaque année, revient la question de la circulation différenciée. Aujourd’hui, les véhicules les plus polluants sont interdits de circulation pour la première fois à Lille. Seuls les véhicules Crit Air de classe 0 à 3 pourront se déplacer. Même chose à Paris et en proche banlieue aujourd’hui. Entre 5H30 et minuit, à l'intérieur d'un périmètre délimité par l'A86.

La vitesse est réduite de 20 km/h sur les axes rapides en Ile-de-France et dans la région lyonnaise ou encore dans le Nord. Mais la possibilité de réduire le nombre de voitures en ville date de la loi de Corinne Lepage de 1996. Les textes législatifs existent donc depuis longtemps ainsi que les arrêtés préfectoraux avec différents seuils et réponses. Pour de nombreuses associations, l’Etat a les moyens d’agir vite mais ne le fait pas. C’est ce que dénonce Olivier Blond président de Respire, l’association nationale de prévention et d’amélioration de la qualité de l’air. Car pour lui, cette pollution de l’air est une question de santé publique avant d’être une question environnementale.

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A noter que parmi les mesures en place, l’utilisation de chauffage d’appoint au bois est par exemple interdite à Paris ou dans le Rhône. De même que le brûlage des déchets verts en plein air.

Ce ras-le-bol de l’inaction face à cette pollution qui s’exprime aussi sur les murs. Pour inciter les élus locaux à passer à l’action, Greenpeace a engagé une campagne dans plusieurs villes de France comme Lyon ou plus récemment Marseille avec des tags éphémères comme "Marseille suffoque" ou "on veut respirer". Florian Bessière est le référent de cette campagne chez Greenpeace dans la cité Phocéenne. Il s’inquiète de la précocité du phénomène, mais pour lui, chacun peut agir au quotidien.

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Pourtant, il suffit de prendre le volant pour se rendre compte que tout les automobilistes ne lèvent pas le pied. La préfecture de police de Paris a communiqué mardi les chiffres de ses contrôles radars pour faire respecter cette obligation. Plus de 22.000 véhicules ont été contrôlés et plus de 6.600 infractions relevées. Et pourtant, même si cela est difficile a mesurer, il y a des effets à réduire la vitesse, comme le souligne Nicolas Vigier d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes.

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Au-delà des mesures d’urgence, les associations environnementales militent pour développer davantage les transports en commun et pour accélérer le renouvellement des appareils de chauffage au bois. Comme cela a été engagé par exemple avec un programme spécifique dans la vallée de l’Arve en Savoie.

Enfin la météo très douce avance la saison des pollens. Cyprès, frênes sont ainsi déjà bien présents dans le Sud-Est du pays. Et la pollution de l’air actuelle accentue les effets irritants de ces pollens. Toutefois Météo France prévoit l’arrivée d’une perturbation jeudi qui pourrait améliorer la situation et celles des personnes les plus sensibles.

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