Pour le Secours catholique, "il est normal que le gouvernement mette à disposition des masques"

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L'invité de la rédaction

jeudi 23 juillet à 8h10

Durée émission : 7 min

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© RAYMOND ROIG AFP

L’obligation de porter un masque dans les lieux publics clos a remis sur la table l’inégalité des citoyens face à l’épidémie de coronavirus.

Il est désormais obligatoire de porter un masque dans les lieux publics clos. Pour cela, il faut en fabriquer. Ou bien en acheter. Un budget qui peut s’avérer conséquent pour certains ménages, défavorisés. Dernièrement, le quotidien Le Parisien révélait qu’acheter des masques jetables représentait un budget de plus de 200 euros par mois, pour une famille de quatre personnes. Une somme loin d’être dérisoire.
 

Pas de laissés pour compte

Mercredi 22 juillet dernier, le ministre de la Santé a donc promis une distribution gratuite de masques pour sept millions de Français en situation précaire. Quarante millions de masques vont ainsi être distribués. "C’est indispensable. Il ne faut pas que les personnes en situation de précarité soient les laissées pour compte du déconfinement. On sait bien que les masques sont obligatoires, pour accéder aux services publics, pour s’acheter à manger. Il est normal que le gouvernement mette à disposition des masques. Nous serons très attentifs à la mise en œuvre pour que ce soit une réalité partout" explique Vincent Destival, délégué général du Secours catholique.

Ce dernier ajoute que le Secours catholique n’a pas attendu cette décision du gouvernement pour se mobiliser sur le sujet. "Nous avons acheté des masques avant le début du déconfinement pour être prêt à accompagner les personnes en situation de précarité. Nous avons bénéficié de beaucoup de dons, des CCAS, des communes, des entreprises, ce qui nous a permis de poursuivre notre action. L’accès aux droits est une réalité et une difficulté de tous les jours pour les personnes les plus pauvres" précise-t-il.
 

De nouveaux bénéficiaires avec le confinement

Depuis plusieurs mois, le Secours catholique a vu une évolution des bénéficiaires dans ses centres d’accueil. "Nous avons vu de nouvelles personnes. 600.000 personnes vivaient de petits boulots, qui les ont perdus, et qui se retrouvent en situation de besoins extrêmes. On a vu arriver tout cela, et on voit au travers de toutes ces personnes la fragilité de notre société. Par rapport à cette urgence, nous avons débloqué dès le début du confinement cinq millions d’euros pour donner des chèques-services, pour permettre aux personnes de se nourrir, de satisfaire leurs besoins d’hygiène. L’urgence était telle qu’elle dépassait la capacité d’action des associations. Nous avons donc interpellé le gouvernement" lance le délégué général du Secours catholique.

Vincent Destival revient également sur les conséquences de l’isolement du confinement. "Nous l’avons tous vécu différemment, mais pour les personnes en situation de précarité, nous avons senti cette difficulté particulière pour les personnes les plus fragiles. Nous avons senti un besoin de soutien. Nos équipes sur le terrain ont mis en place des initiatives pour maintenir le lien, avec des chaînes de solidarité, des artistes qui appellent pour lire des textes. C’est l’une des premières demandes que l’on a encore aujourd’hui. Les personnes sortent du confinement, elles ont besoin d’être accueillies, et écoutées" conclut-il.

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