Pour Philippe Herzog, "il faut retrouver la civilisation européenne"

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Le Grand Invité

mardi 2 octobre à 8h10

Durée émission : 15 min

Pour Philippe Herzog, "il faut retrouver la civilisation européenne"

© Fanny Cohen-Moreau RCF

Brexit, montée du nationalisme, crise migratoire. Face à ces sujets, les bases de l’Europe sont ébranlées.

Une situation de crise

L’Europe n’a jamais semblé aussi mal en point. La crise du Brexit, la montée des populismes dans plusieurs de ses États, la pression migratoire, sont autant de sujets qui la font aujourd’hui vaciller. Pour Philippe Herzog, ancien du PCF, engagé pour l’Europe, en tant que député, fondateur du think tank "Confrontations Europe", européen profondément convaincu, à n’en pas douter, "c’est une situation de crise".

"Cela dit, ce n’est pas la première fois. L’Europe n’a que 70 ans comme formation. C’est très loin des gens, c’est Bruxelles, et les gens n’ont pas la possibilité de vivre la vie de cette institution. C’est devenu une technocratie, il y a besoin d’un nouveau récit qui montre que l’Europe répond mieux à une série de problèmes fondamentaux" explique-t-il notamment.
 

Un marché et une technocratie

Pour ce spécialiste de l’Europe, face à ces maux, la responsabilité est à chercher du côté des gouvernements. "L’Europe est dirigée par le Conseil européen, les chefs d’État. Or ces derniers coopèrent très peu entre eux. Il y a énormément de divisions. La Commission européenne n’a jamais pu s’affirmer comme une autorité politique. Il y a une expertise, on y fabrique des lois, mais ceci ne correspond pas à ce que souhaitent les citoyens. Les gens se détournent d’un espace qui est devenu technocratique parce qu’on a bien voulu qu’il le devienne" ajoute-t-il.

Aujourd’hui, "l’Europe est un marché et une technocratie. Ceci ne peut séduire" rappelle Philippe Herzog qui appelle de ses vœux à une refondation. "Dans un certain nombre de pays, il y a cette idée que la nation serait mieux à même de répondre aux attentes des gens. Or nous sommes dans un monde interdépendant où les Européens, s’ils n’arrivent pas à s’unir, ne pèseront pas lourd. On attend de l’Europe beaucoup plus" précise le fondateur du think tank "Confrontations Europe".

"Porter un projet plus attractif pour les gens"

Emploi, éducation, industrie, environnement. Pour Philippe Herzog, l’Europe doit mieux s’emparer de ces sujets qui répondent aux attentes des gens. "Ces questions sont aujourd’hui du domaine national. Il va falloir partager plus. Il faut monter d’un cran autour des questions de la vie quotidienne des gens. Ceci est possible à condition que des mouvements civiques se développent et montent plus en ambition. Aujourd’hui, sur la scène politique, la meilleure façon de répondre aux populismes, c’est de porter un projet plus attractif pour les gens" lance-t-il.

Face à l’attitude d’Emmanuel Macron sur la scène européenne, Philippe Herzog reste sceptique. "Il est pro-européen, cela ne fait aucun doute. Mais il s’y est mal pris au départ en faisant la leçon à la Pologne, à la Hongrie, à des peuples qu’il ne connait pas. À l’Ouest également, on n’a pas trop de leçons à donner. Nos démocraties ne sont pas exemplaires. Nous avons notre lot de populistes, et il ne faut pas penser que tous les Hongrois et tous les Polonais sont tombés à l’extrême-droite, ce n’est pas vrai. Ce que Macron ne sait pas faire, c’est parler aux peuples" explique ce spécialiste de l’Europe.

Philippe Herzog appelle aujourd’hui l’Europe à retrouver ces valeurs, à redynamiser ces valeurs qui sont, selon lui, devenues des sortes de fétiches.

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Chaque matin, Stéphanie Gallet reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

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Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.