Pourquoi les crèches dérangent dans l'espace public

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Le dossier du jour

vendredi 13 décembre 2019 à 7h12

Durée émission : 7 min

Le dossier du jour

© YANN COATSALIOU AFP

En ce mois de décembre, les crèches de Noël fleurissent dans les églises, les foyers et les lieux publics. Une présence qui dérange certains partisans de la laïcité.

La Fédération de la Libre Pensée est en alerte en ce mois de décembre. Elle a envoyé une circulaire à tous ses représentants départementaux pour leur expliquer la marche à suivre s’ils découvraient une crèche dans un lieu public. Au nom du principe de laïcité, la Libre Pensée vient d’envoyer une lettre recommandée à la mairie d’Asnières dans les Hauts-de-Seine pour lui demander de retirer la crèche qu’elle a installée dans le hall de l’Hôtel de ville. Si la mairie ne s’exécute pas, la Fédération a prévu de saisir le tribunal administratif.

Du côté de Béziers, la Libre Pensée est aussi prête à déposer un recours. Cette année, le maire de la ville, Robert Ménard, a inauguré sa crèche dans l’enceinte de l’Hôtel de Ville entouré de représentants de cinq religions. Une crèche sur roulettes pour pouvoir la déplacer en cas de contestation. A Toulouse, l’Association Vivre Noël Autrement organise chaque année depuis sept ans une crèche vivante sur une place publique de la ville. Cette crèche est aujourd’hui un incontournable des animations du centre-ville à la période des fêtes. Evidemment, elle ne plaît pas à tout le monde. Mais il s’agit d’une manifestation publique autorisée par la mairie qui ne subventionne pas l’association.

Du côté de l’Observatoire de la laïcité, les crèches ont droit de cité dans les lieux publics à une condition. C’est d’ailleurs ce que dit le Conseil d’Etat. Oui pour les crèches dans l’espace public si elles ont une connotation culturelle, non si cette connotation est cultuelle. Culturel, folklorique oui, cultuel non.

Exception à la règle au sein de l’armée, où la laïcité se vit de manière plutôt ouverte et pragmatique. Une spécificité qui s’explique par la mission même d’hommes unis sous un même drapeau, confrontés la mort et donc à la question de la transcendance. La crèche, c’est même un peu la Madeleine de Proust pour les soldats. L’une des grandes traditions des armées et notamment de la légion étrangère c’est de réaliser des concours de crèche.

Il y a quelques jours, le pape a signé une nouvelle lettre apostolique “Amirabile Signum”, le signe merveilleux, pour que l’Eglise catholique valorise les crèches. Pour le pape, la crèche est une belle tradition et a sa place sur les lieux de travail, dans les écoles, les hôpitaux, les prisons sur les places publiques car elle est un signe qui peut susciter l’étonnement et l’émerveillement tout en annonçant avec simplicité et joie le mystère de l’incarnation du fils de Dieu.

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