Prendre soin des soignants

Présentée par PR-21841

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La chronique d'Habitat et Humanisme

vendredi 19 juin à 6h55

Durée émission : 3 min

Prendre soin des soignants

Alors que les soignants n'ont cessé de se dévouer durant la crise du Coronavirus, ils sont obligés de manifester maintenant pour leur droit : quelle société permet ça ?

Les soignants, après avoir été au front lors de la crise du Covid 19, sont de nouveau face à nos gouvernants leur rappelant leurs promesses. Il est dommage qu’il leur faille « battre le pavé » alors que, de nos rues, il y a quelques semaines, ils pouvaient apprécier le témoignage de sympathie et d’espérance qu’ils avaient fait naître par leur courage. Leur attente n’est pas une simple valorisation des rémunérations, mais aussi la création de postes, rappelant qu’être soignant ce n’est pas seulement poser des actes mais aussi assurer un prendre-soin, auquel le temps ne lui est pas étranger. Une injustice serait commise à leur égard si leur demande n’était pas prise en compte.
 
La réponse attendue procède de la responsabilité de la Nation qui, dans le surgissement de l’imprévisible pandémie, sut donner une priorité à la vie sur la finance, l’économie. L’éthique a été portée à un niveau rarement atteint conférant à la vie une priorité absolue sur toute autre considération. Il ne faudrait pas que le « Ségur de la Santé » vienne annihiler et annuler ce que les soignants ont apporté : une énergie, un souffle. Laisser retomber ce souffle serait commettre une grave injustice qui immanquablement développera ses métastases : mépris et indifférence détruisant l’avenir. Comment ne pas observer les milliards trouvés pour que les avions ne restent pas plaqués au sol. Ne serait-il pas aussi opportun de prescrire les conditions nécessaires au bien-être et à la santé en donnant aux « femmes et hommes en blanc » les moyens du prendre-soin ; la Société toute entière s’en portera mieux.
 
Dans ces « jours de l’après », surgissent des orages, des tempêtes ; le climat est lourd. L’une des convergences pour arrêter la déchirure est le prendre-soin. Ne serait-il pas notre « concorde » pour aller plus haut et plus vite vers cette Société du care. Nul doute que les regards gagneraient en bienveillance. Pourquoi la vie, lorsqu’elle est confrontée à la fragilité, n’est-elle pas mieux entourée, choyée. Ne serions-nous pas touchés par la fièvre de l’utilitarisme pour ne pas voir que l’urgence des défis à relever concerne les situations de vulnérabilité. Oui, vraiment l’attention aux soignants est une chance pour une Société plus apaisée, plus humanisée.
 

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L'émission

Le samedi à 8h10 et le dimanche à 7h23

Chaque semaine, dans la Matinale RCF, la parole est à l'association Habitat et Humanisme.

Le présentateur

Père Bernard Devert

professionnel de l’immobilier, prêtre du Diocèse de Lyon, a créé l’association Habitat et Humanisme en 1985, mouvement visant la réconciliation de l’économique et du social, de l’humain et de l’urbain. Habitat et Humanisme, ce sont aujourd’hui 55 associations couvrant 80 départements avec 4200 bénévoles et 1550 salariés.