Prisons: les raisons de la colère

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Le dossier du jour

vendredi 8 mars à 7h12

Durée émission : 7 min

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© BORIS HORVAT AFP

Les prisons sous tension. Après l’agression mardi de deux surveillants par un détenu radicalisé dans l’Orne, le personnel pénitentiaire proteste.

Depuis l'agression à caractère terroriste survenue mardi dernier dans une prison de l'Orne, les surveillants dénoncent des conditions de travail difficiles et un manque de moyens. De Nantes à Nice en passant par Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, les surveillants bloquent les prisons pour dénoncer leurs conditions de travail.

Après une première journée de mobilisation mercredi, FO, le syndicat majoritaire, faisait état de 80 établissements bloqués en France, jeudi matin, sur un total de 188. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est cette agression au couteau mardi dernier de deux surveillants par un détenu radicalisé. Les faits ont eu lieu dans l’enceinte de la prison de Condé-sur-Sarthe pourtant réputée pour être ultra sécurisée. L’homme s’est retranché avec sa compagne pendant près de dix heures dans l’unité de vie familiale avant que le Raid ne finisse par lancer l'assaut. L’homme a été interpellé, sa compagne est décédée. Quant aux deux surveillants poignardés, ils sont désormais hors de danger mais sur place la colère est toujours vive, comme l'explique Jean-Eric Klemkle, agent pénitentiaire, délégué syndical FO au micro de Jérémie Loizeau de RCF Orne.

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La fronde des surveillants de prison ne date pas d’aujourd’hui. Depuis plus d'un an, les surveillants pénitentiaires mènent un bras de fer avec la ministre de la Justice pour obtenir plus de sécurité à l'intérieur des prisons. Les surveillants réclament notamment des renforts de personnels, une revalorisation des salaires, une réforme législative pour renforcer la sécurité et la prise en charge des détenus, ou encore des équipements plus adaptés.

Il faut dire que sur plus de 70.000 détenus en France, quelque 500 sont incarcérés pour des faits de terrorisme et 1.200 prisonniers de droit commun sont identifiés à ce jour comme radicalisés. C’était d’ailleurs le cas du détenu qui a agressé les deux agents mardi. Il n’était pourtant pas détenu au sein de l’unité spéciale de lutte contre la déradicalisation de ce centre pénitentiaire. Yoan Karar secrétaire général adjoint du Syndicat National Pénitentiaire Force Ouvrière nous dit pourquoi.

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L'attaque au couteau en céramique d'un prisonnier et de sa compagne venue le visiter mardi dans la prison de Condé-sur-Sarthe, relance le débat sur les fouilles des visiteurs à l'entrée des prisons. Les surveillants estiment qu’ils n’ont pas les moyens légaux d’effectuer les fouilles des visiteurs.

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Sur la question des fouilles corporelles, les choses pourraient cependant évoluer. La ministre  de la Justice, Nicole Belloubet, a rappelé mercredi que l’Assemblée nationale avait "adopté un article qui améliore la question des fouilles” lors du vote sur la loi de programmation de la justice. Cependant, ces mesures concernent la fouille des détenus, pas des visiteurs. Les précisions de Nathalie Goulet, sénatrice centriste de l’Orne, territoire sur lequel se trouve la prison de Condé-sur-Sarthe

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Pour l’instant, la loi n’est pas entrée en vigueur puisque deux recours ont été déposés devant le Conseil constitutionnel. La ministre de la Justice a toutefois annoncé une série de mesures mercredi à l’Assemblée pour tenter de faire retomber la pression. Parmi les autres mesures annoncées par la Garde des sceaux mercredi dans l’hémicycle, de nouveaux équipements de sécurité pour les surveillants comme les tenues pare-coups et les gilets pare-lames mais aussi le recrutement de 1.000 agents dans le milieu pénitentiaire.

Des annonces qui ne semblent pas calmer les esprits. Depuis plus d’un an, les agressions impliquant des détenus radicalisés mettent sous pression le personnel pénitentiaire. Début 2018, ces actes avaient déjà conduits les surveillants à se mettre en grève. Dans ce contexte tendu, les aumôniers de prison peuvent-ils être un rempart à la radicalisation ? Voici ce qu’en pense pasteur Brice Deymié, aumônier national des prisons à la Fédération protestante de France.

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Des aumôniers de prison acteurs de la prévention des actes de radicalisation dans les prisons. En attendant d’être reçues par le ministère, les syndicats appellent à la poursuite du mouvement.

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