Protéger les amphibiens

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La chronique Écologie

mardi 12 mars à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Écologie

Chaque mardi retrouvez dans la Matinale votre chronique écologie.

C’est déjà le printemps pour les oiseaux mais aussi pour les crapauds.

Pour les Amphibiens ce n’est pas le joli mois de mai le mois des amours, mais plutôt le mois de mars. Dès que les températures remontent, donc depuis une bonne dizaine de jours, ils sortent d’hibernation, quittent leurs abris de l’hiver sous les arbres, dans les vieux murs etc, avec une idée en tête, se reproduire. Ils vont rejoindre les mares et les étangs pour s’accoupler et pondre. Ensuite ils retourneront dans la forêt, le bocage, dans les jardins, à la chasse aux insectes et aux limaces, c’est ce qu’on appelle la phase terrestre. La reproduction, pour beaucoup d’espèces c’est le seul moment de leur vie où ils vont passer beaucoup de temps dans l’eau. Mais c’est aussi le moment de tous les dangers.

Qu’est-ce qu’il y a de dangereux là-dedans ?

C’est que le trajet vers le point d’eau va souvent les amener à traverser des routes. Et bien sûr très souvent c’est un massacre. Même si ça se passe surtout de nuit et dans la campagne, la configuration « un bois d’un côté de la route, un étang de l’autre » ça veut dire des dizaines d’animaux tués chaque nuit. C’est ce que les défenseurs de la biodiversité appellent un site d’écrasement. Ça veut dire une population de Crapauds communs, de Crapauds accoucheurs, de tritons, de salamandres qui sera exterminée en dix ou vingt ans. Ces espèces sont déjà par dans le rouge par disparition de leur milieu, les zones humides, les petits bois, par la raréfaction de leurs proies etc. Les amphibiens, qui survivent depuis l’ère primaire, et qui sont des insecticides naturels en quelque sorte avec un rôle essentiel dans l’équilibre des populations de ravageurs des cultures sont en train de disparaître à l’échelle mondiale. C’est vrai en Amazonie, c’est tout aussi vrai chez nous.

Qu’est-ce qu’on peut faire ? Est-ce qu’il faut fermer les routes ?

L’idéal bien sûr dans cette affaire d’écrasements c’est de créer ce qu’on appelle des crapauducs, des dispositifs qui canalisent les amphibiens vers des passages sous la route. Comme ça coûte cher, on n’en a pas partout. Donc parfois en effet les communes ferment, quelques soirs pas an, une petite route de campagne. Mais plus souvent les associations naturalistes vont poser des filets qui rabattent les amphibiens vers des seaux qu’il faut ensuite relever le matin pour les faire traverser. Ça nécessite pas mal de bénévoles donc vous pouvez contacter ces associations pour leur donner un coup de main, et aussi soutenir leur combat pour des solutions un peu plus pérennes. Et puis c’est la saison pour observer. Regardez dans les mares, les lavoirs, pour découvrir toutes ces espèces. Par contre, surtout, ne les manipulez pas, ne les déplacez pas. C’est interdit et ça les mettrait en danger.

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Le présentateur

Johannes Herrmann

Johannes Herrmann (Cyrille Frey de son vrai nom) est ornithologue. Membre de l'association Oeko-logia, il contribue à la revue Limite. Il est l'auteur, avec sa femme Mauhaut Herrmann, d'un essai sur la biodiversité "La vie oubliée - Crise d'extinction : agir avant que tout s'effondre" (coll. À la limite, éd. Première Partie, 2018).