Que dit le nouveau rapport du Giec ?

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L'invité de la rédaction

vendredi 9 août à 8h10

Durée émission : 7 min

Que dit le nouveau rapport du Giec ?

© Photo by Folco on Unsplash - Manifestation "Friday for Future" en Allemagne

Rendu public hier, le rapport du groupe des experts sur le climat pointe du doigt la forte dégradation des sols et certaines de nos habitudes alimentaires. Explications.

Le rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a été rendu public hier, jeudi 8 août. 1.200 pages sur "les changements climatiques, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres". Les délégations des États membres étaient réunis depuis vendredi à huis clos pour examiner ce rapport spécial des experts du climat. Nathalie de Noblet est l'une des auteurs du rapport, elle répond à Baptiste Madinier.
 

À quoi sert le rapport du GIEC ?

Créé en 1988, le GIEC est un groupe d'experts ouvert à tous les pays membres de l'ONU. Il dépend de l’Organisation météorologique mondiale (ONM) et du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Sa mission est d'alerter les États sur les questions environnementales. Son rapport n'est pas contraingnant, il dresse un état des lieux.

La rédaction de ce rapport spécial a été débattue lors d'une session à Genève du 2 au 7 août. "Les gouvernements représentés ont cherché à comprendre les messages scientifiques que nous souhaitions faire passer et nous ont aidés à les formuler de façon à ce qu'ils soient compris et par les gouvernement et pas les sociétés, explique Nathalie de Noblet, il semble qu'il y ait vraiment une prise de conscience de tous les gouvernements du monde, quels qu'ils soient, sur ces enjeux-là." 
 

Alerte sur La dégradation des sols

Le rapport pointe notamment le fait que les activités humaines ont une forte influence sur la qualité des sols et participent au réchauffement climatique. 23% des émissions de gaz à effet de serre sont liées à l'activité humaine. Si les zones les plus concernées par cette dégradation sont les zones arides ou en voie de désertification, "partout où l'homme exploite le sol, la capacité d'érosion des ces sols est supérieure à la capacité de restauration", résume la bio-climatologue.
 

Des solutions existent

Nathalie de Noblet distingue trois groupes de "stratégie" pour préserver notre environnement :
- "L'évitement" : "Si on arrête la déforestation, si on arrête de détruire nos écosystèmes riches en carbone et en biodiversité, on évite l'émission de 10 à 15% de CO2 dans l'atmosphère" ;
- Des solutions pour améliorer la qualité de nos sols et stocker du carbone, tout en limitant les émissions de CO2 comme l'agroforesterie ou l'agroécologie ;
- Les "systèmes d'alertes précoces" : on a la possibilité de "renforcer ce bouquet de système de manière à anticiper les événéments difficiles". 

En résumé, "il existe des solutions partout dans le monde", explique la spécialiste, "elles sont différentes d'un pays à l'autre, d'une région à l'autre" mais "la mise en œuvre peut être immédiate, on est face à quelque chose qui existe et qui a juste besoin d'être déployé". 
 

Faut-il changer nos modes de consommation ? 

D'une cartaine façon, le rapport spécial du GIEC encourage à consommer différemment. "Le rapport constate que des habitudes alimentaires fortement basées sur une consommation de fruits et légumes de saison avec une forte propostion de céréales de noix, de graines, ont une empreinte carbone et sur les ressources en eau inférieure à des habitudes alimentaires basées sur de la viande." Nathalie de Noblet rappelle que "les ruminants sont responsables de 50% des émissions de méthane".

 

Invités

  • Nathalie de Noblet, bio-climatologue, directrice de recherche au CEA

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