"Que veux-tu que je fasse pour toi ? - Seigneur, que je..." (Lc 18, 35-43)

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Prière du matin

lundi 19 novembre à 5h45

Durée émission : 5 min

"Que veux-tu que je fasse pour toi ? - Seigneur, que je..." (Lc 18, 35-43)

© alexandra seinet

"Que veux-tu que je fasse pour toi ? - Seigneur, que je retrouve la vue"

Méditation de l'Evangile (Lc 18, 35-43) par le père Bernard Devert

Chant final: "Ouvre mes yeux, Seigneur Jésus ", par les fraternités monastiques de Jérusalem.

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Alors que Jésus approchait de Jéricho,
un aveugle mendiait, assis au bord de la route.
    Entendant la foule passer devant lui,
il s’informa de ce qu’il y avait.
    On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait.
    Il s’écria :
« Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! »
    Ceux qui marchaient en tête
le rabrouaient pour le faire taire.
Mais lui criait de plus belle :
« Fils de David, prends pitié de moi ! »
    Jésus s’arrêta et il ordonna qu’on le lui amène.
Quand il se fut approché, Jésus lui demanda :
    « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
Il répondit :
« Seigneur, que je retrouve la vue. »
    Et Jésus lui dit :
« Retrouve la vue ! Ta foi t’a sauvé. »
    À l’instant même, il retrouva la vue,
et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu.
Et tout le peuple, voyant cela,
adressa une louange à Dieu.

Source : AELF
 

Méditation Père Bernard Devert

Ne va-t-il pas se taire ? Il ne lui suffit pas d’être mendiant et aveugle, encore faut-il qu’il crie sa fragilité, sa vulnérabilité. L’actualité témoigne d’une indifférence envers les pauvres. N’est-ce pas le sens de la colère qui a grondé à Marseille avec le drame de la rue d’Aubagne : 7 morts et 2 disparus avec l’effondrement de trois immeubles.
Des bâtiments pour des pauvres, alors personne ne s’est pressé de leur trouver une autre place, mais pour aller où ?
Sur les trottoirs des grandes métropoles, que de sans domicile trouvent la mort, 510 en 2017, sans que la Société s’inquiète de cet autre drame qui devrait nous conduire à se poser la question : où en sommes-nous pour refuser l’hospitalité à ceux confrontés à l’hostilité sociale.
Quelle bonne nouvelle que ce pauvre de l’Evangile ne se taise pas ; il est un homme libre. Il s’adresse à celui qui est source de liberté, le Fils de l’homme. Aussi cria-t-il de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! ».
Cette liberté touche Jésus. Il s’approche de lui avec un infini respect, l’invitant à parler et même hurler sa détresse : « Que veux-tu que je fasse pour toi » ?
La question surprend mais elle permet à la foule de s’interroger, comprenant qu’elle est dans la cécité, celle-là même qui ferme, clôture au point de ne plus avoir le désir de ces espaces de vie qui ne surgissent que là où on a l’audace d’appeler. Le cri permet de sortir de soi. Il est le signe de la vie.
Appelé, l’aveugle-mendiant voit un chemin d’humanité ; il est chemin de Dieu.
L’aveugle-mendiant n’est pas nommé ; il est désigné par la foule comme étant ceci, cela, traduisant cette différence, trace d’un abîme que l’amour du Christ efface.
Le Christ nous interroge ; que veux-tu que je fasse pour toi ? Je me permets de répondre, Seigneur que je voie ce que j’ai à entreprendre pour dire non à ce qui déshumanise pour me souvenir que Tu ne peux diviniser que ce que j’aurai contribué à humaniser.

 

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