"Qui est mon prochain ?" (Lc 10, 25-37)

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Prière du matin

dimanche 14 juillet à 5h45

Durée émission : 5 min

"Qui est mon prochain ?" (Lc 10, 25-37)

© benny jackson unsplash

"Qui est mon prochain ?"

Méditation de l'évangile (Lc 10, 25-37) par le père Bernard Devert

Chant final: "Celui qui aime son frère" par l'ensemble vocal CINQ MARS

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    un docteur de la Loi se leva
et mit Jésus à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
    Jésus lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »
    L’autre répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même. »
    Jésus lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »
    Mais lui, voulant se justifier,
dit à Jésus :
« Et qui est mon prochain ? »
    Jésus reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
    Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
    Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
    Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
‘Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.’
    Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
    Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
Jésus lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. 

Source : AELF 

Méditation Père Bernard Devert

Que faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle, interroge le docteur de la loi qui la connaît par cœur, sans qu’elle ait touché son cœur. La réponse de Jésus lui et nous est donnée, dans la parabole du Bon Samaritain : partager et servir.
Partager. Avec qui ? La tentation de ce sachant est réductrice pour demander qui est mon prochain, témoignant de sa peur d’aimer au-delà de ce qui lui apparaît comme raisonnable. Seulement, l’amour authentique ouvre toujours de grands espaces.
Jamais dans l’histoire, nous n’avons été aussi connectés. Si les proches sont nombreux, le prochain est l’absent.
Le prêtre et le lévite sont passés à côté du moribond, se justifiant au nom de la loi pour l’avoir pensée comme un carcan, une rigidité, alors qu’elle est proposée non point pour se protéger mais pour secourir celui qui est en danger, quelles que soient son histoire et ses origines.
A la gare, un homme d’un âge certain ayant perdu ses papiers me dit : « je n’ai jamais vu autant de froideur. J’ai demandé de l’aide on s’est détourné. Aucun n’a le temps de s’arrêter ; tous sont occupés à attendre le prochain… train ».
Où est le prochain quand ce frère SDF parvient à être classé dans les invisibles.
L’actualité souligne l’indifférence quant à ces 40 migrants dont l’état de santé nécessitait des soins. La capitaine du navire humanitaire Sea-Watch, est arrêtée pour avoir accosté de force sur la petite île de Lampedusa.
La loi aurait pu l’emporter sur le prendre soin de la personne, mais il est un homme libre, le Samaritain, qui, sans s’arrêter sur les différences, suscite une magnifique ouverture : celle où s’opère le changement, celui que nous voudrions voir dans le monde, pour reprendre les mots de Gandhi.
Que faut-il faire ? S’inscrire dans une charité inventive.
Le Samaritain suscite une éthique de l’engagement. Il ne fait pas tout, tout seul ; il est un appelant pour avoir été appelé. Témoignant du goût de l’autre, il témoigne d’un autrement possible.
Que faut-il faire ? La question est d’une singulière acuité si nous voulons donner une légitimité à ceux qui se pensent illégitimes pour être exclus. Il ne s’agit pas ici d’une option mais d’un appel à vivre la fraternité, alors seulement le sacrement du frère se propose à notre liberté.
S’approcher du lointain pour en faire son prochain, c’est accueillir le signe de l’infini qui nous rejoint. Le docteur de la loi et nous-mêmes saisirons-nous que répondre à la question que faire pour avoir la vie, c’est se donner pour entrer dans l’inouï : l’homme perdu aux yeux des puissants nous fait entrer éperdument dans la vie pour lui donner du sens.
La vie commence là où elle est bouleversée. Dieu parmi nous ne se laisse entrevoir que sous les traits du pauvre.

 

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