Régionales en PACA: une alliance LR/LREM qui divise

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jeudi 6 mai à 7h13

Durée émission : 7 min

Régionales en PACA: une alliance LR/LREM qui divise

© Stèvelan Chaizy-Gostovich / RCF

Dimanche, le Premier ministre Jean Castex, a affirmé son soutien à Renaud Muselier, le président LR de la région PACA, candidat à sa réélection. Un rapprochement aux lourdes conséquences.

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L’épisode Renaud Muselier va laisser des traces au sein du parti des Républicains. D’un côté, il y a le président de la région PACA candidat à sa réélection qui avait envisagé de présenter une liste ouverte avec des candidats de la majorité et même une membre du gouvernement Sophie Cluzel. Objectif affiché : faire barrage à Thierry Mariani, le candidat du Rassemblement national dans la région. Mais le mélange des genres n’a pas plu au siège du parti à Paris. Le patron des Républicains Christian Jacob a mis la pression sur son ami Renaud Muselier pour clarifier sa position. L’intéressé a finalement publié un communiqué mardi, précisant qu’il n’y aurait aucun accord avec En Marche. 

Une unité fissurée

Mais le mal est fait, et des tensions ont fissuré l’unité du parti. Le maire LR de Nice Christian Estrosi pourrait quitter son parti prochainement, à l'instar du maire LR de Toulon Hubert Falco qui a claqué la porte du parti mercredi. "Monsieur Muselier disait simplement qu’il voulait rassembler des femmes et des hommes pour faire en sorte que Monsieur Mariani ne soit pas le président de la région. J'y adhère totalement et le président de mon parti a dit que j’étais un malfaisant.  Je n'ai plus rien à faire dans ce parti", a-t-il lâché devant les journalistes.

Mais Christian Jacob ne l’entend pas de cette oreille. Il a martelé pendant plusieurs jours un mot : la clarté. "Tout élément d’ambiguïté pourrait être interpreté par les électeurs comme un marché conclu entre LR et LREM. C’est de nature à faire fuir nos électeurs et que Renaud Muselier a bcp plus de chance de l'emporter en étant très clair. C’est une situation qui engage la famille de la droite", renchérit Annie Genevard, députée du Doubs et présidente de la commission nationale du parti des Républicains.

La crainte d'une victoire de l'extrême-droite

Renaud Muselier lui défend son ambition régionale et son autonomie. "Je suis un homme libre", c’est ce qu’il a répété avant hier au siège des Républicains. Car la réalité d'un victoire du Rassemblement national peut exister. Le parti d’extrême droite est très installé dans la région PACA. Et Thierry Mariani, le candidat Rassemblement national pourrait séduire la frange la plus à droite de l’électorat des Républicains. "Il y a un tropisme régional qui fait que c'est un des endroits où les chances de cette formation politique sont les plus élévées. C’est aussi un endroit où les représentants de la droite populaire sont très présents. On a une droite qui est plus à droite que la droite républicaine nationale. C’est peut-être plus facile ici qu’ailleurs de voter pour le Rassemblement national quand on est un électeur de droite”, analyse Christèle Lagier, maître de conférence à l’université Aix Marseille, spécialiste l’électorat Front national dans la région PACA.

Les Républicains ont donc fort à faire pour occuper l’espace entre La République en Marche et le Rassemblement national. Et si Renaud Muselier refuse d’en faire un problème national, il y a bel et bien un enjeu pour l’élection présidentielle de 2022 selon le politologue Pascal Perrineau. "Dans ce parti qui avait toujours connu l’autorité d'un patron, aujourd'hui c’est un parti sans véritable leadership et qui cherche dans la perspective de l'élection présidentielle une méthode pour départager le candidat ou la candidate. Il y a un espace mais pas d’homme ou de femme qui le représente vraiment", détaille l'ancien directeur du CEVIPOF. La situation est d’autant plus complexe que des figures de droite qui ont déjà quitté le parti sont candidats aux élections régionales. Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France et Valérie Pécresse en Île-de-France.

Un intérêt électoral pour la majorité

Dans cette manœuvre politique, la République en Marche a plusieurs intérêts. Cela fait partie d’une stratégie de recomposition politique amorcée par Emmanuel Macron dès son élection : composer avec des forces de droite et de gauche et dépasser le cadre des partis. "On sait très bien que la République en Marche a connu un très sévère échec d’implantation au niveau local. Quelque part, LREM a intérêt à cacher la misère électorale et de s'inviter comme passager clandestin derrière une liste. Et puis il y a l'enjeu du contrôle de l'électorat de la droite. Si un candidat de LR veut peser dans l’avenir, il doit récupérer tous les électeurs de la droite", Pascal Perrineau.

Renaud Muselier fera donc bien campagne sous les couleurs des Républicains. L’actuel président de région s’est engagé à ce qu’il n’y ait "aucun parlementaire En marche et aucun membre du gouvernement sur la liste". Mais au même moment, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal affirmait sur LCI qu’il y aurait "bien sûr" des représentants de la majorité sur cette liste. 

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Le présentateur

Clara Gabillet