Rohingyas: un retour en Birmanie qui inquiète les ONG

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3 questions à

jeudi 15 novembre 2018 à 6h41

Durée émission : 4 min

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© KHINE HTOO MRAT AFP

​En Birmanie, doit débuter jeudi 15 novembre un processus de rapatriement des 700.000 réfugiés rohingyas qui ont fui vers le Bengladesh voisin.

Une bonne nouvelle en apparence. Pourtant, les ONG sont très inquiètes. Car si le gouvernement birman se dit prêt, elles redoutent les  conditions réelles de réintégration des membres de cette minorité musulmane.
 

Les conditions sont-elles réunies pour permettre aux Rohingyas réfugiés au Bengladesh de rentrer en Birmanie ?

"Nous considérons à l’instar de l’ONU que les conditions ne sont pas du tout réunies pour un retour. Le peu d’informations qui nous est parvenu ne nous a pas du tout rassurés. Ces plans ont été faits sans aucune concertation avec la communauté rohingya. Il n’y a eu aucune mention du démantèlement de cette discrimination systématique et institutionnalisée que nous appelons apartheid en Birmanie. Ils vivent jusqu’à présent dans des conditions discriminantes. Nous n’avons eu aucune confirmation qu’ils pourraient rentrer dans des conditions de sécurité. Ils étaient dans des camps et ce sont ces mêmes camps dans lesquels on compte les remettre puisque leurs villages ont été rasés. On n’a aucune garantie à ce jour que les conditions dans lesquelles ils vont rentrer sont des conditions de sécurité et dignes" explique Morgane Eches, coordinatrice Myanmar pour Amnesty International France.
 

Beaucoup sont terrifiés  à l’idée de rentrer ?

"Exactement. Ils n’ont aucun droit. Ils ont perdu la nationalité avec la loi de 1982. C’est une population considérée comme apatride. Ils subissent les lois de 2005 sur la nationalité qui font qu’ils n’ont pas le droit de se marier avec des bouddhistes. Que ce soit au niveau législatif, au niveau des habitudes et des comportements, c’est extrêmement effrayant" ajoute Morgane Eches.
 

Comment voyez-vous l’avenir de la Birmanie ?

"La communauté internationale doit mettre plus de pression sur le gouvernement du Myanmar pour permettre les conditions de ce retour. Aung San Su Kyi a été défaillante dans son rôle de conseillère d’Etat. Elle a été incapable à plusieurs reprises d’enrayer la crise. Elle a même contribué à l’accélération des violences contre eux. On voudrait que le gouvernement du Myanmar prenne des décisions qui feront que ces populations pourront retourner sur leurs terres" conclut la coordinatrice Myanmar pour Amnesty International France.

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Le présentateur

Florence Gault

Journaliste à RCF depuis 2005, Florence a d’abord travaillé à RCF Méditerranée, à Toulon pendant six ans, avant de rejoindre la rédaction nationale. Globe-trotter dans l’âme, elle aime partir à la rencontre de l’autre. Ce qu’elle préfère à la radio: jouer avec les sons pour vous raconter des tas d’histoires!