"S’il t’écoute, tu as gagné ton frère" (Mt 18, 15-20)

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Prière du matin

mercredi 14 août à 5h45

Durée émission : 5 min

"S’il t’écoute, tu as gagné ton frère" (Mt 18, 15-20)

© michal-bielejewski-unsplash

"S’il t’écoute, tu as gagné ton frère"

Méditation de l'Evangile (Mt 18, 15-20) par le Père Bernard Devert

Chant final : "Louez le nom du Seigneur", par le quatuor Gospodi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Si ton frère a commis un péché contre toi,
va lui faire des reproches seul à seul.
S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
    S’il ne t’écoute pas,
prends en plus avec toi une ou deux personnes
afin que toute l’affaire soit réglée
sur la parole de deux ou trois témoins.
    S’il refuse de les écouter,
dis-le à l’assemblée de l’Église ;
s’il refuse encore d’écouter l’Église,
considère-le comme un païen et un publicain.
    Amen, je vous le dis :
tout ce que vous aurez lié sur la terre
sera lié dans le ciel,
et tout ce que vous aurez délié sur la terre
sera délié dans le ciel.

    Et pareillement, amen, je vous le dis,
si deux d’entre vous sur la terre
se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit,
ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
    En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom,
je suis là, au milieu d’eux.

Source :AELF
 

Méditation Père Bernard Devert

« Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel ».
Il nous faut, ici, entendre l’interrogation si dense de notre Pape François : « qui suis-je pour juger ».
Que de relations blessées et blessantes auxquelles l’Eglise n’échappe pas, constituée de pécheurs que le Christ ne cesse de pardonner sans réserve et sans lassitude.
J’aime cette prière de Teilhard : vous m’avez dit mon Dieu de croire en l’enfer. Vous m’avez interdit de penser, avec absolue certitude, d’un seul homme qu’il était damné.
C’est aussi cette prière de Teilhard à l’un de ses amis : « priez pour moi pour me permettre de voir dans l’Eglise, malgré tout, la lumière de Dieu ; c’est cela le vrai champ de bataille au fond ».
Vous qui vous êtes éloignés de l’Eglise, mais restez auditeurs de RCF, puis-je vous adresser ces mots qui se veulent amicaux et chaleureux : ne partez pas, votre exigence et votre recherche ne sont-elles pas une parole nous permettant de mieux entendre celle exigeante, paradoxalement confiante du Christ, nous invitant à nous relier plutôt qu’à nous séparer.
Permettez-moi de vous partager ce moment où des étudiants accueillent des personnes en très grande vulnérabilité.
Martine quitte le service d’urgence de l’hôpital Saint-Joseph, Saint-Luc, pour être accueillie à l’Espace Emmanuel Mounier, sur l’ancien site des prisons de Lyon, devenu un campus universitaire de 10 000 étudiants.
Une utopie pour les uns, une confiance transformatrice des relations pour les autres, pour inviter les étudiants à faire de ce lieu un espace du « prendre soin ».
Martine est non seulement blessée dans son corps, mais elle l’est aussi dans son âme, d’où la question qui la hante : ‘il n’y a donc personne pour comprendre, personne pour entendre’.
La vie a souri à Eléonore depuis son enfance. Que de différences entre ces deux êtres qui ne vont pourtant pas se croiser, mais se rencontrer, se relier.
Martine, isolée, 15 ans dans la rue comme SDF, pensait qu’elle n’était rien pour n’avoir rien ; elle découvre qu’elle est quelqu’un, on s’intéresse à elle parce qu’elle est simplement elle.
Que s’est-il donc passé ?
Rien d’extraordinaire, au sens où notre culture entend l’expression, mais des signes renouvelés de l’attention qu’Eléonore lui porte.
Martine malade, Eléonore l’aide à préparer ses repas, l’invite dans son studio pour partager des déjeuners, lui fait entrevoir des perspectives inconnues.
Si Eléonore, de par son éducation est éloignée de la « pauvre petite fille riche », elle s’éveille à une joie insoupçonnée jusque-là, celle de servir.
Martine ne va pas seulement guérir dans cet espace d’humanité, elle va naître à une relation nouvelle qui la fait exister autrement.
Sur ce campus, une école d’humanité se dessine, chacun comprend alors qu’elle ne le restera que si les personnes accueillies demeurent les maîtres.
Ce qui sera lié ou délié dans le ciel ne peut l’être que par des prophètes saisissant que seul, ce qui monte converge, selon la belle expression de Teilhard.
 

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