Semaine bleue

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La chronique d'Habitat et Humanisme

vendredi 11 octobre à 6h55

Durée émission : 3 min

Semaine bleue

​La deuxième semaine d’octobre marque une attention aux personnes âgées et ce depuis 1951. Nommée alors la ‘Journée des Vieillards’, elle est depuis 1977 appelée la « Semaine Bleue ».

Pourquoi cette couleur ? Elle fut retenue comme symbole de fraîcheur et pureté, sagesse et vérité.
 
Ce 8 octobre, les aides-soignants font grève dans les EHPAD, non pas dans une approche catégorielle mais pour bénéficier d’une plus grande disponibilité aux personnes âgées, ce qui suppose du temps qu’ils n’ont pas ; personne ne le conteste.
 
Le prendre-soin est rarement compatible avec la précipitation et il ne l’est jamais quand il intervient dans des situations de grande fragilité.
 
Comment ne pas être solidaires de ces soignants, qui sont souvent des femmes venues de loin pour s’approcher au plus près de nos aînés en situation de dépendance.
 
Les maisons de retraite médicalisées devraient se révéler le sommet de la vigilance que la Nation se devrait d’apporter à ceux qui, au soir de leur vie, sont en souffrance ; il n’en est rien ou si peu tant ils sont les oubliés.
La « Semaine Bleue » un moment pour faire le point sur le désir de la Société d’habiter la bienveillance, soit :
bien, en vue de mettre résolument le cap sur la perspective d’un mieux-être afin que la traversée de la fin de vie soit celle d’une sérénité dans ces heures où l’on approche de l’autre rive suscitant tant de peurs et d’angoisses,
veille, ou une sur-attention consécutive à la vulnérabilité du corps et du psyché, mais aussi sur ce ressenti de ne compter pour rien, la perte des forces entraînant des invalidités qui annihilent l’estime de soi. 
Combien de nos aînés aimeraient bénéficier de cette bienveillance afin de trouver une réelle hospitalité leur permettant de quitter une forme d’errance.
 
L’attention au vieillissement traduit l’humanisme d’une Société qui, apprenant à mieux s’inquiéter de ses ainés, fait œuvre d’avenir. Là où le fragile est pris en compte, c’est le parcours de la vie de tous qui s’en trouve respecté et transformé.
 
Oui, il nous faut lutter contre l’âgisme, l’infantilisme aux fins de parvenir à voir à travers les rides la profondeur et la grandeur de ce que sont ces êtres dont les visages témoignent des difficultés, mais aussi de leurs combats et de leurs joies.
 
Nos cœurs parviendront-ils à s’éveiller pour que ce qui cause ces rides nourrisse en nous plus d’humanité pour une Société moins aride.
 
Frères et sœurs âgés, nous avons tant à recevoir de vous.

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L'émission

Le vendredi à 6h55, 12h48 et le dimanche à 7h22

Chaque semaine, dans la Matinale RCF, la parole est à l'association Habitat et Humanisme.

Le présentateur

Père Bernard Devert

professionnel de l’immobilier, prêtre du Diocèse de Lyon, a créé l’association Habitat et Humanisme en 1985, mouvement visant la réconciliation de l’économique et du social, de l’humain et de l’urbain. Habitat et Humanisme, ce sont aujourd’hui 55 associations couvrant 80 départements avec 4200 bénévoles et 1550 salariés.