SNCF: "il est naturel d'avoir une dette élevée" pour Vincent Doumayrou

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Le Grand Invité

mardi 17 avril à 8h10

Durée émission : 15 min

SNCF: "il est naturel d'avoir une dette élevée" pour Vincent Doumayrou

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Après l’examen du projet de loi de réforme du rail, le texte va être voté en première lecture mardi 17 avril à l’Assemblée nationale.

Mais pendant ce temps, le bras de fer continue entre des cheminots bien déterminés à poursuivre leur mouvement de grève et un exécutif qui, par la voix du chef de l’État et du Premier ministre, reste inflexible.
 

SNCF : un premier pas vers la privatisation?

Cette réforme semble assez peu lisible pour le grand public, même si Emmanuel Macron s’en défend. Pour Vincent Doumayrou, journaliste, spécialiste du rail, membre du réseau spécialisé dans l’étude du chemin de fer Ferinter, auteur de "La fracture ferroviaire : pourquoi le TGV ne sauvera pas le chemin de fer" (éd. de l’Atelier), on ne doit en revanche pas parler pour l’instant de privatisation.

"La privatisation c’est quand un actif public devient privé, est vendu par vente publique ou de gré à gré. Là, pour l’instant, la SNCF, qui est un établissement public, industriel et commercial depuis 1983, est transformée en société nationale. Le gouvernement dit que les titres seront cessibles. Cela peut être un premier pas" explique-t-il.
 

Associer ouverture à la concurrence et entreprise publique

Ce qui peut être compliqué à comprendre pour le grand public, c’est l’association de l’ouverture à la concurrence, et conservation d’une entreprise publique. "Il y a deux formes d’ouverture à la concurrence dont l’ouverture pour le marché avec l’exploitation du marché public par des groupes privés ou des filiales privées de groupes publics" précise le journaliste.

Aujourd’hui, la France est plutôt à la traîne en matière d’investissement ferroviaire par habitant, en Europe. "A mon sens, il faut sortir de le toujours moins sachant que ce qui coûte cher, ce sont les coûts fixes. Il faut donc développer l’offre ferroviaire tout particulièrement les RER dans les villes de région" lance ce spécialiste.

L’un des principaux problèmes de la dette de la SNCF, c’est sa dette abyssale qui s’élève à 54 milliards d’euros. Le président Macron a dit qu’il reprendrait une partie de la dette. "La dette ferroviaire est une dette publique. Mais il est naturel d’avoir une dette élevée pour une activité à forte intensité de capital" lance Vincent Doumayrou, rappelant que la dette du réseau ferroviaire britannique est de 50 milliards de livres Sterling.

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Chaque matin, Stéphanie Gallet reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

Le présentateur

Antoine Bellier

Journaliste à RCF depuis 2009, Antoine est passé par Le Mans et La Roche-sur-Yon, avant de rejoindre la rédaction nationale en septembre 2013. Curieux de l’actualité sous toutes ses formes, amateur de cinéma et de littérature, il lui arrive de passer du micro à la plume.