Syrie: derrière la fin de Daech, l'urgence humanitaire

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Le dossier du jour

lundi 8 avril à 7h12

Durée émission : 7 min

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© DELIL SOULEIMAN AFP

​Les forces arabo-kurdes aidées par les Etats-Unis ont proclamé en Syrie il y a une quinzaine de jours la fin du "califat" du groupe Etat islamique.

Une victoire derrière laquelle se cache une situation humanitaire dramatique. Pour comprendre la complexité de la situation direction le nord de la Syrie. L’assaut final contre l’EI mené par l’ alliance arabo-kurde au mois de décembre a entraîné l’afflux de milliers de combattants djihadistes et de leurs familles dans les camps de déplacés de la région. Les précisions de Fabrizio Carboni, directeur régional pour le Proche et le Moyen-Orient au CICR.

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L'horreur du camp d'Al Hol

Cet afflux de déplacés est critique. Le camp d’Al Hol situé dans le désert  au nord est de la Syrie en est une preuve vivante. Situé à quelques centaines de kilomètres de Baghouz, il abrite les civils et les familles de l'État islamique qui ont fui les dernières zones tenues par le groupe. En tout, ce sont 76 000 personnes qui vivent dans ce camp censé en héberger 5.000. Ce sont, des Syriens, des Irakiens mais aussi 10% d’étrangers qui représentent une quarantaine de nationalités.  

Depuis janvier, une trentaine d’enfants sont morts de froid. Et après un hiver glacial, ce sont les fortes chaleur de l’été qui pourraient être fatales aux habitants de ce camp dans les prochaines semaines. Fabrizio Carboni s’est rendu sur place il y a quelques jours. Il y décrit une situation apocalyptique notamment dans la zone de transit où arrive les déplacés.

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Les femmes et les enfants, principales victimes

Une situation dramatique et des organisations humanitaires débordées par l’afflux de personnes que ce soit dans les camps mais aussi dans les rares hôpitaux de la région. La poignée de dispensaires du Nord-Est syrien a du mal à faire face à l’ampleur de la crise humanitaire. Les établissements voient débarquer chaque jour entre 30 et 50 patients, pour la plupart des femmes et des enfants.

Ce sont des civils, des familles sorties du califat déchu et qui ont justement trouvé refuge dans le camp d'Al-Hol. Ils souffrent de blessures liées aux combats, et de malnutrition. Ce sont aussi des femmes qui viennent accoucher. Les besoins sont immenses et les moyens sont réduits à peau de chagrin comme l’explique le docteur Ziad Alissa, médecin de guerre et président de l’Union des organisations de secours et soins médicaux.

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L’Union des organisations de secours et soins médicaux soutient sur place les équipes médicales dans les hôpitaux. Elle dispose également de centres de soins pour rendre possible les consultations pédiatriques, gynécologiques et permettre la distribution de médicaments. Cette organisation dispose aussi de cliniques mobiles pour permettre des soins d’urgence notamment dans les camps. Selon le CICR, rien qu’au mois de mars, environ 2.000 femmes et enfants ont été envoyés vers les hôpitaux locaux submergés par la crise. Alors pour faire face à cette situation, le Comité international de la Croix Rouge ne mise pas seulement sur les cliniques mobiles . Il construit aussi des hôpitaux de campagne et mène de front de multiples actions.

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La réaction de la communauté internationale

Les organisations humanitaires agissent sur tous les fronts, surtout celui de l’urgence, et qui attendent une aide internationale à la fois sur le court et plus long terme. Les Nations Unies ont débloqué 4,3 millions de dollars pour des aides supplémentaires qui permettront le déploiement d’équipes mobiles ou la mise en place de programmes contre la malnutrition.

La France a annoncé qu’elle fournirait une aide humanitaire d'un million d'euros pour les camps de déplacés du Nord-Est de la Syrie. Mais au delà de l’aide financière et matérielle d’urgence, la communauté internationale doit aussi se coordonner pour gérer la situation des djihadistes et de leurs familles. C’est ce que pense Fabrizio Carboni directeur régional pour le Proche et le Moyen-Orient au CICR.

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Sur ce sujet, les pays du G7 ont pour le moment des approches divergentes. Les Etats-Unis encouragent les pays d'origine à les reprendre en charge. Le Royaume-Uni a prononcé des déchéances de nationalité, tandis que les Kurdes proposent de mettre en place une juridiction pénale internationale dédiée dans la région. Quant à la France, elle souhaite que les adultes soient jugés sur place et que les enfants soient considérés au cas par cas.

 

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