Téléphoner en Europe depuis la France coûte moins cher depuis le 15 mai

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La chronique Économie

jeudi 16 mai à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Économie

En moyenne, le prix standard moyen d’un appel fixe ou mobile effectué à l’intérieur de l’UE était trois fois plus élevé que celui passé au niveau national. Mais depuis hier tout a changé.

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Jusqu’ici, quand nous voulions parler à notre fille qui fait ses études à Stuttgart ou à notre fils, en stage au Luxembourg, à deux pas de la frontière française, il valait nettement mieux que ce soit elle ou lui qui appelle. Car depuis juin 2017, il ne coûte pas plus cher d’appeler la France avec son portable français quand on voyage en Europe que de téléphoner dans l’hexagone. Ce que les professionnels appellent les "frais d’itinérance", ou "roaming", ont été supprimés. Ma fille et mon fils, qui ont gardé leur abonnement français, peuvent appeler ses vieux parents tous les soirs pour pas cher…

Ils le font ?

Elle, non. Mais elle appelle régulièrement. Lui, non - et c’est donc nous qui appelons. Et jusqu’à mercredi, la conversation nous coûtait beaucoup plus cher que dans l’autre sens. Chez SFR, entre 67 et 73 centimes la minute vers l’Europe selon les forfaits et chez Orange, 48 centimes. Free proposait moins cher, avec un tarif à 22 centimes la minute. 

Et depuis mercredi ?

Le prix des appels téléphoniques ou l’envoi d'un SMS entre pays de l'UE est désormais plafonné, à respectivement 19 centimes par minute et 6 centimes par message. Ce prix n'inclut pas la TVA, qui varie selon le pays de l'UE de l'opérateur de l'appelant.
Et il n'est plafonné que pour les usages personnels, c'est-à-dire pour les particuliers. Les clients professionnels sont exclus de cette réglementation, car plusieurs fournisseurs proposent des offres spéciales particulièrement attrayantes pour eux, a précisé la Commission européenne.

Cela concerne beaucoup de personnes ?

Les Européens qui aiment bavarder par-delà les frontières ne manquent pas : selon une récente enquête Eurobaromètre, citée par notre correspondante à Bruxelles, Céline Schoen, un quart des Européens dit avoir joint quelqu’un dans un autre pays de l’UE par téléphone fixe, mobile ou SMS dans un autre pays de l’UE au cours du mois précédant le sondage.

À moins de deux semaines des élections européennes, ce geste envers les habitants du Vieux continent est très habile...

La libéralisation des télécommunications, qui est le fruit de la politique de Bruxelles, a conduit à un effondrement des prix des services téléphoniques à l’intérieur des pays et à l’intérieur de l’UE. Quand nous habitions en Allemagne, il y a 20 ans, notre facture de téléphone avec mes parents, beaux-parents et amis restés en France était très élevée…

Et le plus triste dans cette affaire est que d’ici quelques semaines ou quelques mois, après le Brexit, quand nous voudrons appeler des amis en Grande-Bretagne, les prix auront explosé… À moins que d’ici là, les Britanniques ne choisissent de rester dans l’Union. Mais c’est une autre histoire…

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Le présentateur

Vincent de Féligonde

Vincent de Féligonde est le chef du service économique et social au journal La Croix.